Retraites: le régime autonome complémentaire des pilotes de ligne

 PARIS, 8 janvier 2020 (AFP) – Le gouvernement s’est engagé à maintenir le régime de retraite complémentaire obligatoire des pilotes de ligne dans la future réforme, une réserve de cinq milliards d’euros autogérée, sans contribution de l’État.

Cette Caisse de retraite du personnel navigant professionnel de l’aéronautique civile (CRPN), à laquelle cotisent tous les personnels navigants (9.000 pilotes, 18.000 à 19.000 hôtesses et stewards) à hauteur d’environ 24%, en plus du régime général, devrait donc être maintenue dans la future réforme de « système universel » à points, censée remplacer les 42 régimes existants.

Au-delà de trois fois le plafond annuel de la Sécurité sociale – un référentiel qui permet de déterminer la base de calcul des cotisations sociales -, cette caisse viendra compléter les pensions.

Les pilotes devraient pouvoir continuer de prendre leur retraite à taux plein dès 60 ans. Actuellement, « ils partent en moyenne à 62,5 ans », selon Yves Deshayes, président du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL, majoritaire chez les pilotes).

Hôtesses et stewards, qui peuvent actuellement partir à 55 ans, devront allonger progressivement leur période active pour les générations nées après 1987, pour converger vers 60 ans.

A la suite de ces engagements du gouvernement, le SNPL, le SNPNC, l’Unac et l’Unsa PNC ont décidé de lever leur préavis de grève « jusqu’à nouvel ordre ».

En revanche, le Spaf (2e syndicat de pilotes d’Air France) et le SNGAF (2e syndicat représentatif pour les hôtesses et stewards d’Air France) ont appelé les personnels navigants de la compagnie à faire grève cette semaine au côté du collectif SOS retraites, qui regroupe une grande majorité de professions libérales.

Ils estiment « imprécises » et insuffisantes les garanties apportées par le gouvernement et craignent de voir disparaitre le régime qui les protège aussi en cas de perte de licence ou de problèmes de santé, explique à l’AFP le président du Spaf, Grégoire Aplincourt.

D’autres organisations (Alter, Ugict-CGT, SUD aérien, CFTC PNC) ont aussi appelé à la grève.

Selon M. Deshayes, le salaire mensuel brut d’un pilote long courrier d’Air France en fin de carrière oscille entre 15 et 20.000 euros, ce qui constitue actuellement une retraite d’environ 6 à 7.000 euros par mois.

Le salaire d’un jeune copilote embauché par la compagnie française varie entre 4 et 5.000 euros bruts par mois, contre à peine le Smic ou moins pour un jeune copilote de la compagnie espagnole à bas coûts Volotea, selon la même source.

La réglementation en vigueur prévoit un nombre d’heures de vol limité à 90 heures par mois et 900 par an, sans compter les temps de préparation des vols ni les escales, selon M. Deshayes.

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