Retraites: « le statu quo n’est pas tenable » (Delevoye)

PARIS, 9 décembre 2019 (AFP) – Au terme de deux années de concertation avec les partenaires sociaux, le haut commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye a présenté lundi ses « conclusions », listant les points d’accord et de désaccord tout en jugeant « indispensable » la réforme promise par Emmanuel Macron.

Depuis la remise de son rapport en juillet, M. Delevoye a poursuivi les discussions: « près de 50 réunions » ont ainsi eu lieu avec le patronat et les syndicats, y compris la CGT et FO, ainsi que « 130 réunions sectorielles » avec « différentes professions », selon un document présenté aux partenaires sociaux.

Dans cette synthèse de la concertation menée sous son égide, le haut-commissaire fait ressortir « une forte volonté de remédier aux limites du système actuel tout en conservant son ADN », justifiant ainsi la création du « système uiversel » censé remplacer les 42 régimes de retraites existants.

« Je suis convaincu que le statu quo n’est pas tenable, que ce projet est indispensable et que les générations futures nous seront reconnaissantes », ajoute-t-il.

M. Delevoye affirme que certaines de ses propositions font plutôt consensus: maintien de l’âge légal à 62 ans, des départs anticipés pour les carrières longues et les métiers « régaliens », garantie « dans la loi » que la valeur du point « ne peut baisser », pension minimum à 85% du Smic pour une carrière complète, prise en compte pour les fonctionnaires de la pénibilité et des primes.

Mais d’autres sujets sont loin de faire l’unanimité, en particulier « l’entrée en vigueur du nouveau système » dès 2025.

Le haut-commissaire esquisse un nouveau scénario en deux temps: « les jeunes générations pourraient commencer à s’affilier au système universel, si possible rapidement après la loi », tandis qu’une autre date de bascule serait fixée pour « la première génération concernée par l’intégration progressive » dans ce nouveau régime.

Autre point de discorde: « l’âge d’équilibre » à 64 ans, avec une décote avant et une surcote après, « ne fait pas consensus », reconnaît M. Delevoye, qui estime pourtant que sa « mise en place progressive (…) paraît devoir être privilégiée » pour résorber le déficit global du système de retraite, évalué entre 8 et 17 milliards d’euros à l’horizon 2025.

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