Retraites: LR précise ses pistes pour une réforme « juste et pérenne »

PARIS, 8 janvier 2020 (AFP) – Les Républicains, partisans d’un report à 65 ans de l’âge de départ en retraite, ont dévoilé mercredi une batterie de mesures chiffrées pour aboutir à une réforme « juste et pérenne », avec notamment un « régime universel de pénibilité ».

« Il n’y a pas de réforme tenable si elle n’est pas juste », a martelé le secrétaire général du parti Aurélien Pradié en assurant que le départ à 65 ans (sur une période de douze ans) « permettrait à terme de dégager plus de 30 milliards d’euros de marges de manoeuvre pour pérenniser le système de retraites ».

LR, à l’initiative d’un débat parlementaire sur les retraites mardi soir, souhaite notamment créer « un régime universel de pénibilité » avec pour principe que « cinq années cotisées à un poste pénible permettront de partir un an plus tôt à la retraite ».

La mesure couterait « de l’ordre d’un milliard d’euros par an », a précisé M. Pradié, qui a appelé à remettre à plat un dispositif devenu « illisible ».

Les Républicains souhaitent ainsi « une réforme ambitieuse de la médecine du travail » et « une évaluation de la pénibilité s’appuyant sur les dix facteurs inscrits dans le code du travail » (travail de nuit, bruit, températures extrêmes…)

Autre idée, garantir la revalorisation de toutes les pensions « au niveau de l’inflation » et même, pour soutenir les petites retraites, « sur l’évolution des salaires » pour les 1.000 premiers euros. La mesure couterait « deux milliards d’euros par an », selon le parti.

Enfin LR souhaite « sanctuariser les droits familiaux » (majoration de trimestres et de pensions pour les mères de famille) et « garantir les pensions de réversion », dont « près de 100.000 femmes » risquent d’être privées avec le dispositif du gouvernement, selon M. Pradié.

Sur ce projet le patron des députés LR Damien Abad a critiqué un « triple renoncement du gouvernement », notamment sur l’âge pivot. « Il y a de fortes chances que cette demi-mesure disparaisse tant le Premier ministre apparait isolé face à une majorité hostile à toute mesure d’équilibre », a-t-il dit.

Les propositions dévoilées mercredi, élaborées par un groupe de travail, nourriront le débat parlementaire prévu mi-février, a assuré M. Abad.

Pour la droite c’est « un enjeu majeur » et « de crédibilité » pour « montrer aux Français qu’on n’est pas dans une opposition caricaturale », a-t-il ajouté.

« On est en train progressivement, laborieusement, avec humilité, de tracer notre chemin », a ajouté M. Pradié.

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