Retraites: Philippe dénonce les « combines procédurales » et insiste sur la « justice sociale »

PARIS, 3 mars 2020 (AFP) – Edouard Philippe, confronté mardi à deux motions de censure à l’Assemblée, a fustigé les « combines procédurales » l’ayant poussé à déclencher le 49-3 pour la réforme des retraites, tout en vantant les mesures sociales mises en place par son gouvernement.

Trois jours après avoir engagé sa responsabilité en utilisant l’article 49-3, M. Philippe a défendu son choix, en épinglant l’obstruction des oppositions qui avaient déposé près de 40.000 amendements sur le texte.

« Je ne crois pas qu’une mécanique parlementaire et qu’un débat dans lequel une minorité bloque systématiquement les questions de fond (…) ce soit à l’honneur du débat parlementaire », a-t-il déclaré à la tribune de l’Assemblée.

« Le travail des parlementaires a été rendu, je le crains, impossible par des combines procédurales », a encore déploré le Premier ministre, qui a dit mesurer « le caractère exceptionnel de cet outil constitutionnel » qu’est le 49-3.

« Mais vous le savez, ça n’est ni une première ni une nouveauté pour des réformes importantes », a-t-il poursuivi en égrenant quelques exemples de la Ve République.

Sur le fond, M. Philippe a fustigé le « conservatisme » des oppositions qui voudraient conserver le système existant.

« Ceux qui défendent le statu quo – et ils ont parfaitement le droit de le défendre – racontent bien trop souvent des calembredaines. Ils se payent de mots sur le dos de ceux qui sont les moins bien traités par le système actuel (…) et de nos enfants, dont on attend qu’ils payent le moment venu et de bon coeur pour notre impéritie », a-t-il tonné.

Durant les 50 minutes de son allocution, M. Philippe a aussi livré un plaidoyer pour sa réforme, devenue après 13 jours d’examen dans l’hémicycle « un texte de compromis, un texte qui a évolué », « enrichi » par des amendements de tous bords.

Il en a aussi longuement vanté les aspects sociaux: « nous faisons le choix politique de réduire les inégalités et de faire contribuer les plus favorisés » et « nous apportons de vraies garanties pour le pouvoir d’achat des futurs retraités », a-t-il notamment fait valoir.

A droite, Damien Abad (LR) a trouvé le Premier ministre « gêné aux entournures » et la majorité « complètement déboussolée. J’ai ressenti un malaise dans l’hémicycle et beaucoup de doutes ». A gauche, le communiste Fabien Roussel prévient qu’aux municipales Edouard Philippe devra assumer « le 49-3 devant les électeurs, notamment au Havre », son ancienne mairie, où il est à nouveau candidat.

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