Retraites: Philippe ferme sur « la disparition des régimes spéciaux », prêt à des « transitions progressives »

PARIS, 6 décembre 2019 (AFP) – Un système de retraites universel « implique la disparition des régimes spéciaux », a réaffirmé vendredi Edouard Philippe, tout en disant sa « disposition totale » à négocier pour élaborer des « transitions progressives » alors que le mouvement de grève se poursuit contre la réforme.

Depuis le perron de Matignon, le chef du gouvernement a précisé qu’il allait présenter « l’intégralité du projet du gouvernement » de réforme des retraites mercredi 11 décembre à midi, au lendemain de nouveaux échanges entre les partenaires sociaux, le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye et la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn.

« Je le dis tranquillement: la mise en place d’un système universel de retraite implique la disparition des régimes spéciaux. Je ne crois pas que les Français puissent durablement accepter des régimes qui conduisent aujourd’hui certains à partir, alors qu’ils font le même métier, avec un peu plus et plus tôt que d’autres », a insisté le Premier ministre.

Mais sa « logique ne sera jamais celle de la confrontation », a-t-il ajouté, en récusant toute « brutalité » dans la mise en place du futur système.

« Il ne serait pas raisonnable, pas acceptable, pas juste de changer les règles en cours de partie », a ainsi développé le chef du gouvernement, en s’adressant aux salariés de la SNCF et de la RATP. « C’est la raison pour laquelle j’ai indiqué, et je répète aujourd’hui, ma disposition totale pour faire en sorte que les transitions soient progressives », a-t-il souligné, avant de recevoir le nouveau patron de la SNCF Jean-Pierre Farandou et la présidente de la RATP Catherine Guillouard.

La France a connu jeudi une mobilisation massive à l’appel des syndicats, à l’exception de la CFDT, et la grève se poursuivait vendredi notamment dans les transports. Les syndicats opposés à la réforme des retraites ont décidé d’une nouvelle journée de grèves et manifestations mardi.

Ces syndicats contestent le « système universel » par points censé remplacer à partir de 2025 les 42 régimes de retraite existants (général, des fonctionnaires, privés, spéciaux, autonomes, complémentaires). L’exécutif promet un dispositif « plus juste », quand les opposants redoutent une « précarisation » des retraités.

Dans ce cadre, M. Philippe a de nouveau adressé un message aux enseignants pour qui le système universel, « ce n’est pas la baisse des pensions des enseignants ».

« Au contraire, c’est la revalorisation progressive de leur traitement de façon à ce que leur pension, leur pouvoir d’achat, au moment des retraites ne baissent pas », a-t-il fait valoir, laissant entrevoir des compensations puisque « l’application absurde des nouvelles règles les pénaliserait ».

Le chef du gouvernement présentera le projet du gouvernement mercredi au Conseil économique, social et environnemental (CESE), instance qui est « la chambre du dialogue social et des corps intermédiaires », a-t-il souligné.

« Je crois au dialogue social », a assuré M. Philippe, en observant qu’il était arrivé « que certains critiquent le gouvernement pour la verticalité avec laquelle il aurait pris des décisions ».

Or, le projet du gouvernement prendra « en compte bien des propositions formulées par les organisations syndicales », a-t-il affirmé.

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