Retraites: Philippe salue des « avancées sociales » mais « pas de consensus » sur la pénibilité

PARIS, 13 février 2020 (AFP) – Edouard Philippe a salué de « nouvelles avancées sociales » après une réunion jeudi sur la réforme des retraites à Matignon avec les organisations syndicales et patronales, mais a admis qu’il n’y avait « pas de consensus » sur la question de la prise en compte de la pénibilité.

Alors que les projets de loi sont actuellement examinés en commission à l’Assemblée, ce rendez-vous clôturait un « premier cycle de concertations » avec les partenaires sociaux autour de quatre sujets spécifiques: la pénibilité, la question des fins de carrière, le minimum de retraite garanti et la « gestion des transitions » entre les systèmes actuels et le futur système universel de retraite.

Evoquant « un bon bilan », M. Philippe a souligné cependant qu’il n’était « pas définitif ». « Mais il acte de nouvelles avancées sociales pour nos concitoyens et il nous laisse du temps pour régler quelques points à ce stade sans accord », a-t-il assuré, alors que l’exécutif espère adopter la réforme avant l’été.

Lesdites « avancées » seront traduites en amendements au projet de loi, que le gouvernement déposera d’ici vendredi matin, a précisé le Premier ministre.

L’accord principal concerne la question de la conversion des droits déjà acquis, dans le futur système par points qui commencera à entrer en vigueur en 2025. Poussé par les organisations syndicales, le gouvernement a retenu jeudi le mécanisme de transition dit « à l’italienne », « plus respectueux de la réalité des carrières » et « plus progressif », a vanté le Premier ministre.

Ce procédé vise à attendre le départ effectif en retraite pour calculer les droits acquis dans la première partie de carrière, sur la base la plus favorable possible, dans la fonction publique comme dans le privé.

« J’observe que tous ceux qui ont participé à la réunion ont convergé sur (…) ces modalités de transition », a commenté M. Philippe.

En revanche, « il n’y a pas encore les conditions d’une convergence » entre organisations syndicales et patronales sur la prise en compte de la « réparation » pour ceux exerçant un métier pénible, a indiqué le Premier ministre.

D’autres discussions vont se poursuivre concernant la retraite minimum, que l’exécutif souhaite fixer à « 1.000 euros en 2022 et 85% du Smic, soit environ 1.147euros, à compter de 2025 ». « Certains partenaires sociaux veulent améliorer ces paramètres » et en débattront dans le cadre de la conférence de financement qui reprendra ses travaux le 18 février, a précisé M. Philippe.

Décochant quelques flèches aux oppositions qui ont déposé plusieurs milliers d’amendements, M. Philippe a aussi salué « l’exercice de responsabilité » mené selon lui par les partenaires sociaux « qui contraste peut-être avec la logique d’obstruction mise en oeuvre et assumée par certains ».

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