Retraites: « plus le gouvernement parle, plus ça me révolte »

PARIS, 24 janvier 2020 (AFP) – Enseignante, avocat, cheminot, infirmier… Paroles de manifestants qui ont défilé à Paris, Clermont-Ferrand ou Marseille vendredi, lors de la septième journée de mobilisation interprofessionnelle contre la réforme des retraites.

« Tout le monde va morfler »

A Lyon, Cécile Chamignon, fonctionnaire de 40 ans:

« Je suis ingénieure dans la recherche, on n’est pas les moins bien lotis comme fonctionnaires, mais cette réforme va toucher toutes les couches de la société. Ils font écran avec certaines professions mais c’est tout le monde qui va morfler. Je manifeste depuis le 5 décembre, heureusement que j’ai des horaires flexibles. On aimerait bien que ça s’arrête mais je pense que Macron joue l’usure. »

« On met la pression »

A Marseille, Freddy Mika, 54 ans, directeur d’école à Berre-L’Etang:

« Cette loi va mettre tout le monde dans la précarité – public, privé – car elle est déséquilibrée. Dans l’enseignement, nous sommes sous-payés en début de carrière, c’était rattrapé avec le calcul sur les six derniers mois mais ce ne sera plus le cas. On va perdre entre 300 et 600 euros par mois. Les primes promises ne compenseront pas, c’est l’équivalent de 30 à 40 euros par mois par fonctionnaire. C’est important d’être là encore aujourd’hui. En continuant nos actions, on met la pression sur le gouvernement pour qu’il négocie. »

« Ca commence à être long »

A Paris, Cédric, infirmier de 34 ans:

« C’est vrai que ça commence à être long. Ce n’est pas parce que les transports repartent que la contestation s’essouffle. Il n’y a qu’à jeter un oeil sur les sondages, une majorité de gens soutiennent ce mouvement contre le projet de réforme des retraites. Ce gouvernement fait comme si nous n’existions pas. Il faut continuer à leur montrer que ce qu’ils font n’est bon ni pour nous ni pour nos enfants. »

« Plus le gouvernement parle, plus ça me révolte »

A Clermont-Ferrand, Carole, 40 ans, professeure de français:

« Plus le gouvernement parle plus ça me révolte. J’aime mon boulot, je n’avais jamais manifesté avant et j’ai fait toutes les manifs, j’ai perdu 500 euros depuis le début du conflit parce que j’ai fait grève, parce que je trouve inadmissible de perdre de l’argent à la retraite. Je ne me sens pas du tout radicalisée comme on veut nous le faire croire. »

« La base est là »

A Paris, Claude Leclerc, responsable de formation chez Ariston et militant CFDT, syndicat qui n’appelle pas à manifester:

« La Confédération est sur sa ligne mais elle n’est pas sur celle de sa base, donc la base est là (…) On est assez nombreux et il y en a pas mal qui ne participent pas parce qu’on leur demande de ne pas le faire mais ils aimeraient bien. Et il y en a aussi beaucoup qui sont anonymes dans le défilé ».

« La mort des petits cabinets »

A Lille, Emmanuel Masson, avocat et ancien bâtonnier du barreau lillois:

« Les professions libérales et les indépendants sont aussi impactés dans la réforme des retraites et en particulier les avocats et les petits avocats, c’est-à-dire ceux qui gagnent moins de 40.000 euros par an et qui vont voir leur cotisation retraite doubler. Et c’est ce que veut le gouvernement: la mort des petits cabinets et de ceux qui assurent la défense des plus démunis. »

« Ce sera la fin! »

A Lille, Nadine Dryburgh, salariée de la fonction publique territoriale, 54 ans:

« J’ai le sentiment que le gouvernement se radicalise. On peut proposer des solutions, ils ne nous écoutent pas, ils restent sur leurs positions. Si on laisse tomber maintenant, l’étape suivante ca va être la sécurité sociale puis la 5e semaine de congés payés, ce sera la fin! »

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