Retraites: vote symbolique en commission sur la rémunération des enseignants

PARIS, 5 février 2020 (AFP) – « Engagement irrévocable » pour la majorité, « bricolage anticonstitutionnel » pour les oppositions: les députés de la commission spéciale retraites ont symboliquement acté mercredi la future hausse des salaires des enseignants.

Cette hausse a été promise par le gouvernement pour leur garantir des pensions équivalentes à la situation actuelle.

Le gouvernement veut « envoyer un message » et « réécrire le contrat social qu’a la Nation avec ses enseignants », a affirmé le secrétaire d’Etat aux Retraites Laurent Pietraszewski, en revendiquant « un engagement solennel » et « irrévocable ».

Symboliquement, les députés ont voté un amendement LREM pour isoler dans un article spécifique du projet de loi retraites cette « garantie » apportée aux enseignants.

Il prévoit dans une « loi de programmation » à venir « une revalorisation de leur rémunération leur assurant le versement d’une retraite d’un montant équivalent à celle perçue par les fonctionnaires » de catégories comparables.

En s’appuyant sur l’avis récent du Conseil d’Etat, les oppositions de droite comme de gauche ont jugé la mesure « anticonstitutionnelle ». Elle revient en effet à « une injonction au gouvernement », a relevé le Conseil d’Etat.

« En réalité vous nous faites voter quelque chose en prévision d’une loi (de programmation) dont nous ne connaissons pas le contenu et sur laquelle il faudrait vous faire à l’avance confiance », a fustigé l’insoumis Eric Coquerel, qui y voit « une usine à gaz » et dénonce le « gel du point d’indice des fonctionnaires depuis des années ».

« Tout cela alimente l’inquiétude », selon le communiste Pierre Dharréville, qui estime la parole du gouvernement « démonétisée car il y a déjà eu beaucoup d’arnaques et d’entourloupes ».

Eric Woerth (LR) a réclamé de son côté le « coût exact » et le « calendrier  » de ces augmentations.

Pour les « marcheurs », c’est une « avancée sociale », a souligné Olivier Véran, ancien du PS. « Moi en cinq ans de mandat socialiste (dans la précédente législature), j’aurais bien aimé qu’on revalorise les profs, j’aurais sauté de joie ».

Depuis « des années », on disait aux enseignants « vous aurez une bonne retraite donc vous pouvez être mal payés, là on a l’occasion de leur assurer des conditions décentes », a complété sa collègue Céline Calvez.

Dès 2021, des premières hausses de salaires pourront être comprises entre 70 et 90 euros nets par mois pour les enseignants en début de carrière, a indiqué le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer mi-janvier.

Les syndicats craignent que ces revalorisations soient conditionnées à des « contreparties » comme une hausse du temps de travail.

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