Réunion tripartite du ferroviaire : la CGT-Cheminots « extrêmement déçue », dénonce une « provocation »

PARIS, 15 juin 2018 (AFP) – Le secrétaire général de la CGT Cheminots, Laurent Brun, est sorti vendredi « extrêmement déçu » de la réunion tripartite gouvernement, patronat, syndicats, qui s’est tenue au ministère des Transports, en dénonçant une « pantalonnade », une « véritable réunion de provocation ».

Après avoir annoncé le matin la poursuite du mouvement de grève à la SNCF en juillet, il a estimé ne pas avoir perçu l’existence de « solutions de sortie » de crise dans cette rencontre. « Dans les mois qui viennent, les cheminots sauront être à la pointe de la contestation de ce gouvernement », a-t-il insisté.

Egalement très en pointe dans la mobilisation qui a démarré début avril, Erik Meyer, secrétaire fédéral de SUD-Rail, a de son côté assuré que « les grévistes continueront à mettre la pression le temps nécessaire pour être entendus et que s’ouvrent enfin de vraies négociations ».

« Le gouvernement refuse le dossier et passe le bébé au patronat du ferroviaire et aux organisations syndicales », a-t-il regretté, en référence à cette réunion, qui visait à jeter les bases d’une nouvelle convention collective dans la branche ferroviaire, pour les salariés qui n’auront pas été embauché au statut de cheminot.

M. Meyer a rappelé également que « les conditions et les modalités de la grève de cet été n’ont pas été définies » encore. Son syndicat défend le principe de grèves ciblées sur « des dates importantes, qui font sens pour les cheminots ».

A l’inverse, Roger Dillenseger, secrétaire général de l’Unsa ferroviaire, a relevé pendant ces presque trois heures de réunion « des éléments importants que nous allons soumettre à nos structures ». Disant ressentir un « a priori favorable de cette réunion », il a jugé « plutôt positive » l’intervention de l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP, patronat du secteur).

Interrogé sur l’unité de l’intersyndicale, les trois ont reconnu qu’elle ne tiendrait peut-être pas.

La réforme ferroviaire a été définitivement adoptée jeudi par le Parlement.

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