Riom: manifestation des salariés de Seita contre la fermeture de leur usine

RIOM, 12 janvier 2017 (AFP) – Quelque 200 personnes ont manifesté jeudi matin contre la fermeture de l’usine Seita à Riom (Puy-de-Dôme), dernière fabrique de cigarettes en France continentale dont la fermeture est prévue courant 2017, selon des chiffres de la police et des syndicats.

« On veut mettre la pression sur l’Etat pour qu’il accepte d’imposer au groupe Imperial Tobacco la suspension du projet de fermeture », a expliqué à l’AFP Stéphane Allègre, secrétaire CGT du CE et secrétaire du comité central de la Seita.

Le cortège composé de salariés, dont certains brandissaient des cigarettes géantes entre leurs mains, a traversé le centre-ville de Riom et distribué des tracts.

Après la fermeture de l’usine de Carquefou (Loire-Atlantique) en 2014, la cité auvergnate est la dernière fabrique de cigarettes en activité en France continentale. Seita conserve une petite usine de cigarettes en Haute-Corse, qui produit pour le seul marché local.

Depuis l’annonce de la fermeture du site de Riom en novembre, les négociations autour du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) n’ont pas encore débuté. Au total, 239 emplois sont menacés ainsi qu’une quarantaine de sous-traitants. Le groupe prévoit aussi la fermeture du centre de recherche de Fleury-les-Aubrais (Loiret).

Les représentants des salariés et un comité de soutien créé après l’annonce de la fermeture souhaitent proposer à l’Etat un projet alternatif autour de la « traçabilité de la filière », du plant de tabac jusqu’au fumeur et aider ainsi « à faire baisser la consommation de cigarettes en France ».

« On pourrait faire en sorte de produire des cigarettes moins nocives et diminuer ainsi la dépendance. On sait isoler la nicotine, les métaux lourds. Les recherches existent », a assuré le syndicaliste. « C’est maintenant qu’il faut le faire, tant qu’on a encore l’outil ! », a-t-il encore lancé.

Dans le cortège, des employés souvent « en colère » avouaient être depuis novembre plongés dans l’attente et l’incertitude.

« On va au travail pour rien. On arrive tôt le matin à l’usine et cinq minutes après on se demande ce qu’on va bien pouvoir faire. On est livré à nous mêmes: on refait nos CV, on joue aux cartes mais c’est mieux que d’être seuls à la maison et ne rien faire. Au moins, on voit ceux qui ne vont pas bien, qui s’enferment et plongent dans la dépression », a raconté Laurent, conducteur de machines.

« On veut qu’on crève comme des chiens mais on ne va pas lâcher. On va continuer à se battre car perdre nos emplois, c’est inimaginable, a renchéri un autre Laurent, mécanicien.

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