Roussel (PCF) relaie le « cri d’alarme des étudiants »

SAINT-DENIS, 20 mai 2020 (AFP) – « Les étudiants se sentent abandonnés »: le secrétaire national du PCF Fabien Roussel s’est rendu mercredi à une distribution de colis d’aide alimentaire par le Secours populaire devant l’université Paris 8 à Saint-Denis, afin de relayer leur « cri d’alarme ».

Quelque 130 colis sont distribués chaque semaine devant l’université, ce qui reste insuffisant pour les plus de 800 demandes, a rapporté à la presse Kab Niang, responsable de l’antenne universitaire du Secours populaire.

« La pauvreté a augmenté avec le confinement et elle touche fortement les étudiants », a souligné Fabien Roussel, accompagné du député communiste de Seine-Saint-Denis Stéphane Peu, « parce que les moins de 25 ans n’ont droit à rien et parce que les petits boulots ont été arrêtés ».

« On amortit le choc en profitant de l’aide solidaire », a témoigné Aboubakar, étudiant ivoirien, en licence d’info-com, qui a perdu son travail d’agent d’accueil en gare. « Il faut aussi payer le loyer, donc je mange peu », a-t-il ajouté en déballant le colis rempli de pâtes, riz, conserves, légumes, fruits frais et produits hygiéniques.

« Les étudiants poussent un cri d’alarme parce qu’ils se sentent abandonnés », a déclaré Fabien Roussel, jugeant l’aide annoncée par le gouvernement insuffisante: « 200 euros d’aide du gouvernement, ce n’est qu’une fois, et ils ne l’obtiennent pas tous… »

Plus tôt dans la matinée, au centre de stockage du Secours populaire du département à Romainville, Fabien Roussel avait constaté que les 274 tonnes d’aides alimentaires allouées pour tenir jusqu’en octobre par le fonds Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD) était déjà quasi épuisées.

« Nationalement, le Secours populaire a annoncé 45% d’augmentation des demandes d’aide et en Seine-Saint-Denis, le double », a-t-il alerté.

Le député du Nord a interpellé par courrier la secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes Amélie de Montchalin et la Commission européenne pour demander le renouvellement au plus vite de cette aide.

Fin avril, le gouvernement a annoncé une enveloppe de 39 millions d’euros pour l’aide alimentaire des foyers les plus modestes, répartis auprès des associations.

Ce montant, qui équivaut à un tiers du budget annuel habituellement alloué par l’Etat aux associations au titre de l’aide alimentaire, vient en complément des 65 millions déjà débloqués depuis le début du confinement, pour l’aide aux sans-abri.

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