Routiers: les syndicats jeudi au ministère des Transports

PARIS, 5 décembre 2018 (AFP) – Une réunion aura lieu jeudi au ministère des Transports entre les syndicats CFDT, CGT, FO, CFTC et CFE-CGC du transport routier et la ministre Élisabeth Borne, alors que CGT et FO ont appelé les routiers à une grève à partir de dimanche.

La CGT et FO, qui ont appelé mardi à faire grève à partir de 22H00 dimanche soir, pour une durée indéterminée, dénoncent une récente décision du Conseil d’État qui a annulé les dispositions d’un décret de 2016 fixant des majorations de 25% et 50% aux heures supplémentaires des chauffeurs routiers.

Les deux syndicats, deuxième et troisième organisations du secteur du transport routier, avaient réclamé mardi « une réunion en urgence » au ministère des Transports.

La ministre Elisabeth Borne a fait savoir mercredi qu’elle recevrait les organisations représentatives jeudi à 08H30.

La CGT et FO appellent plus largement à défendre le pouvoir d’achat, qualifiant de « miettes » les mesures annoncées mardi par le Premier ministre Édouard Philippe à l’attention des « gilets jaunes ». Depuis le 20 novembre, FO-Transports soutient ce mouvement.

« La décision du Conseil d’État remet tout en cause » sur la majoration des heures supplémentaires, a affirmé Fabrice Michaud, secrétaire général de la fédération CGT des transports, mercredi sur RTL.

Avec ce décret, « nous avions obtenu une sécurisation de la majoration des heures supplémentaires via une inscription dans le Code des transports », a-t-il souligné.

« On nous renvoie notamment, et c’est la stratégie du gouvernement, au travail dans le cadre de la loi sur les mobilités », mais « c’est un projet de loi et il n’y a rien d’inscrit dans le marbre », a-t-il critiqué.

Plus tôt mercredi, Mme Borne avait déclaré sur Radio Classique qu’il n’y avait « aucun problème pour revoir les syndicats et leur réexpliquer » le dossier. « Je dis clairement, soit c’est un malentendu et on va réexpliquer, soit c’est un mauvais prétexte, et moi je ne peux que le dénoncer », avait ajouté Mme Borne.

« Les deux syndicats croient ou semblent croire qu’il y a une remise en cause du taux des heures supplémentaires dans le transport routier. Je le dis très clairement, le taux des heures supplémentaires n’est pas remis en cause. Un décret qui avait été pris par la précédente majorité a été annulé. Il posait des problèmes juridiques, donc ce n’est pas une surprise », a-t-elle dit.

Lorsqu’il avait été adopté en 2016, ce décret offrait une dérogation aux routiers alors que la loi El Khomri permettait une majoration de seulement 10% des heures supplémentaires par accord d’entreprise. Il avait été obtenu après une mobilisation de la profession le printemps précédent, avec blocages de routes ou de ponts.

Réfutant les assurances du ministère des Transports, qui répète depuis lundi que l’annulation de ce décret « ne change rien en pratique », la CGT et FO s’étaient dit mardi « persuadés que depuis la décision du Conseil d’État, le verrou des heures supplémentaires majorées a sauté pour le transport routier de marchandises ».

Un abaissement à 10% de ces majorations ferait « perdre entre 300 et 1.200 euros par mois » aux routiers, avait indiqué lundi à l’AFP Patrice Clos, secrétaire général de FO Transports et Logistique.

Dans un communiqué commun, quatre organisations patronales du secteur, la FNTR, TLF, Unostra et le Déménageur spécialisé ont démenti, comme Mme Borne, les affirmations des syndicats.

« Contrairement aux dires des syndicats CGT et FO (…), les heures supplémentaires restent majorées à 25% et 50% pour les conducteurs routiers », ont-ils assuré mercredi, jugeant « sans fondement » l’appel à la grève et appelant au dialogue.

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