Rouvrir la réforme retraites? « Non merci », répondent patronat et syndicats

PARIS, 11 juin 2020 (AFP) – Les numéros un des principaux syndicats et du patronat ont estimé jeudi que l’heure n’était pas à la réouverture de la réforme des retraites, au lendemain de l’adoption par les députés de la majorité d’une proposition de loi reprenant une promesse de ce projet, suspendu sine die par Emmanuel Macron à cause de la crise.

« L’avenir de cette réforme, c’est le placard, c’est là qu’elle sera le mieux », a balayé François Hommeril, président de la CFE-CGC, lors d’un « grand débat » en visioconférence entre les dirigeants des principales organisations patronales et syndicales, organisé par l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis).

« De quoi on parle? Mettons en face les chiffres présentés pour justifier de la réforme pour l’équilibre nécessaire et les 90 milliards de déficit de l’Unédic (…). On aura l’exacte mesure de l’urgence sociale ou économique à remettre le pays à feu et à sang », a ajouté le dirigeant, opposé à la réforme dès le départ, avec la CGT et Force ouvrière.

« On n’a pas changé d’avis: on considère que cette réforme est mauvaise », a de son côté dit Philippe Martinez, quand Yves Veyrier a jugé « malvenu de recréer de la tension à un moment où on a d’autres chats à fouetter ».

La CFDT et la CFTC, favorables pour leur part à un système universel par points, mais pas sous la forme présentée par le gouvernement, sont sur la même longueur d’onde que leurs pairs.

Pour Laurent Berger, de la CFDT, « ça n’a aucun sens de se remettre sur la figure à la rentrée sur ce sujet-là! ». « C’est pas le moment d’y revenir, c’est une évidence y compris pour des questions de climat global ». Mais sur le fond, il a redit que le système universel était « plus juste ».

« C’est pas le moment pour mettre ce sujet sur la table car le climat social ne s’y prête pas », a relevé Cyril Chabanier, président de la CFTC, pour qui le système actuel « n’est pas juste ».

Côté patronat, pour Geoffroy Roux de Bézieux, la « première question à se poser », avant de relancer la réforme, est: « c’est quoi la profondeur du trou » financier du système des retraites? « On était à 12 milliards. De quoi parle-t-on maintenant? »

Les députés ont donné mercredi leur feu vert en commission, après des modifications, à une proposition de loi PCF qui prévoit de revaloriser les pensions de retraite des agriculteurs à 85% du Smic, reprenant ainsi une promesse du projet suspendu de réforme du gouvernement.

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