Ryanair: le SNPNC-FO dénonce un « chantage » emploi contre baisse des salaires

PARIS, 1 juin 2020 (AFP) – Le SNPNC-FO, syndicat majoritaire chez Ryanair en France, a dénoncé lundi « un chantage au licenciement » exercé par la compagnie irlandaise à bas coûts sur son personnel dans l’Hexagone pour obtenir des baisses des salaires, en utilisant le « prétexte » du coronavirus.

Dans un mail envoyé le 15 mai aux élus du personnel navigant commercial (PNC, hôtesses et stewards), la direction menace de « licencier 27 personnes » si le SNPNC-FO « ne s’engage pas rapidement à accepter des baisses de salaires », a indiqué à l’AFP Stéphane Salmon du SNPNC-FO, confirmant des informations de RTL.

La compagnie « se sert de la crise du Covid-19 comme prétexte pour pouvoir baisser les salaires, déjà les plus bas du secteur », alors que c’est une entreprise « très rentable », a-t-il protesté.

D’après ce mail, que l’AFP a pu consulter, la direction de Malta Air (groupe Ryanair), qui opère pour la compagnie irlandaise en France, veut diminuer de 10% la rémunération de ses quelque 180 PNC, pendant cinq ans, jusqu’au 30 juin 2025.

Pour les hôtesses et stewards payés au Smic, comme « il n’est pas possible de baisser leurs salaires », la compagnie entend réduire leur temps de travail à 80%, a précisé M. Salmon.

« Pour l’instant, on attend que la direction revienne vers nous. Ils ne peuvent pas imposer ça unilatéralement. La France n’est pas le far-west », a souligné Damien Mourgues, délégué syndical SNPNC-FO et membre du comité social et économique (CSE) de la compagnie.

Selon RTL, la direction veut aussi baisser la rémunération des pilotes (une diminution « de 20% »), faute de quoi elle licencierait « 23 pilotes sur les 81 que compte la compagnie sur ses trois bases françaises » (Bordeaux, Toulouse et Marseille).

Le SNPL, l’organisation syndicale des pilotes, « a décidé de coopérer à la mise en place d’un accord de performance collective » contre « un engagement de Ryanair de ne procéder à aucun licenciement de pilote », ajoute RTL.

Sollicités par l’AFP, ni le SNPL, ni la direction de la compagnie n’avaient réagi lundi.

Le secrétaire général de FO, Yves Veyrier, a dénoncé au micro de RTL le « comportement de prédateur », « ni légal, ni acceptable » de cette compagnie, qui n’a pas organisé « ne serait-ce qu’une réunion du comité social et économique régulière ».

Cette entreprise « ne respecte pas les procédures prévues par le code du travail », a confirmé auprès de l’AFP Me Fiodor Rilov, avocat du SNPNC-FO et du CSE de la compagnie.

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