Saint-Gobain PAM veut supprimer 400 postes en évitant des licenciements

PARIS, 19 juillet 2017 (AFP) – Saint-Gobain Pont-à-Mousson (PAM), activité en difficulté du groupe Saint-Gobain spécialisée dans les systèmes de canalisation, compte supprimer 400 postes en France d’ici quatre ans, mais sans recourir à des licenciements, a déclaré mercredi à l’AFP une porte-parole de la société.

Un projet présenté mercredi lors d’un comité central d’entreprise (CCE) extraordinaire prévoit « 400 postes de travail supprimés » d’ici « fin 2020 ou début 2021 », essentiellement par le biais de départs naturels et en retraite, ce qui devrait permettre d’éviter de recourir à un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), a déclaré cette porte-parole.

Saint-Gobain PAM emploie environ 2.200 salariés en France à l’heure actuelle. La division compte cinq sites de production dans le pays, dont quatre en Meurthe-et-Moselle et un en Haute-Marne.

« Nous sommes en alerte sur les conséquences sociales pour l’ensemble du bassin d’emploi sud lorrain », a indiqué dans un communiqué Dominique Potier, député (PS) de la circonscription.

« Le groupe Saint Gobain – de par sa puissance – a la responsabilité de franchir cette étape dans le respect de la dignité de chaque personne », ajoute M. Potier, qui a « saisi le Ministre de l’Economie afin que l’Etat accompagne au meilleur niveau cette transition aux côtés des territoires concernés ».

L’activité de Saint-Gobain PAM subit de « lourdes pertes d’exploitation depuis deux ans », selon la porte-parole du groupe. La situation est due à la crise budgétaire des collectivités en Europe, mais également à un contexte géopolitique « difficile » sur ses marchés au Moyen-Orient et une intensification de la concurrence venue d’Inde et de Chine.

Le projet présenté mercredi aux représentants du personnel prévoit aussi « une simplification de l’organisation » et des « investissements ciblés dans la digitalisation de certains processus de production et dans la robotique » sur les quatre années à venir, a ajouté la porte-parole, sans pouvoir donner de montant.

Pour Julien Hézard, délégué CGT sur le site de Pont-à-Mousson, ce plan ne présente pas assez de garanties en termes d’investissements et de commandes.

« Nous estimons qu’il n’y a notamment pas assez de concomitance entre les suppressions d’emplois et le moment où les commandes reviennent », a-t-il expliqué à l’AFP, craignant notamment pour les sites de Foug et Dieulouard, mais satisfait « de ce que l’on conserve le haut-fourneau ».

Situés à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle), les hauts-fourneaux de Saint-Gobain PAM sont les derniers en activité en Lorraine.

« Ils maintiennent les hauts-fourneaux de Lorraine, c’est important, symboliquement fort », a aussi commenté auprès de l’AFP Christian Durieu, coordinateur CFE-CGC chez Saint-Gobain.

L’entreprise a tenu « un discours rassurant par rapport à ce que l’on pouvait attendre », a estimé M. Durieu, et « la phase de négociation sur les moyens de retrouver une compétitivité dans la durée devrait permettre d’éviter des licenciements ».

Cette annonce intervient alors que la maison mère, le géant des matériaux Saint-Gobain, a annoncé en mai une intensification de ses mesures d’économies à l’échelle du groupe entre 2017 et 2020, à raison de 300 millions d’euros d’économies par an, soit 1,2 milliard d’euros sur la période, un objectif passant notamment par la transformation numérique de ses métiers.

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