Salaires des professeurs: 500 millions d’euros pour des augmentations en 2021

 PARIS, 13 janvier 2020 (AFP) – Le ministère de l’Éducation nationale va consacrer 500 millions d’euros à des hausses de salaires pour les enseignants en 2021 dans le cadre de la réforme des retraites, une « avancée » pour les syndicats reçus lundi, même si « beaucoup reste à faire ».

Cette enveloppe budgétaire a été présentée aux syndicats lors de l’ouverture de négociations sur le sujet, qui doivent s’échelonner jusqu’à jeudi, puis reprendre fin janvier, pour déboucher avant l’été sur une loi de programmation de revalorisations salariales.

Les hausses de salaires débuteront en janvier 2021.

« Le ministre s’est engagé à organiser chaque année une conférence pour mesurer la progression année après année de la gestion des ressources humaines », indique l’entourage du ministre.

Le ministère a présenté aux syndicats un calendrier de travail: une première phase de consultation avec, fin janvier, des « perspectives de premières mesures pour le budget 2021 », suivie d’une concertation de janvier à fin mars, puis d’une négociation en vue du projet de loi de programmation.

Jusqu’ici étaient évoquées des augmentations progressives de budget de l’ordre de 400 à 500 millions d’euros par an, devant atteindre 10 milliards par an à l’horizon 2037.

Reste à savoir comment ces revalorisations vont se traduire concrètement pour les enseignants: les augmentations ne seront pas les mêmes pour des profs en début ou en milieu de carrière, ou pour ceux nés après 1975, donc concernés par la réforme des retraites, et les autres.

Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU, première fédération reçue dans ce cycle de concertations, très opposée à la réforme, a relevé une « petite ouverture » de la part du ministre.

« C’est la petite avancée du jour », a aussi concédé Benoît Teste, le nouveau secrétaire national de la fédération.

« Nous avons eu un peu plus l’assurance que la revalorisation promise ne serait pas seulement une compensation » des pertes qui pourraient découler de la réforme des retraites, a déclaré Mme Rolet à l’AFP.

Pour autant, les motifs d’inquiétude sont toujours là: les revalorisations concerneront-elles bien tous les profs ? Des « contreparties » comme une augmentation du temps de travail seront-elles exigées ? « Il y a encore beaucoup de zones d’ombre », a relevé Mme Rolet.

« Un première revalorisation en 2021, c’est un peu tard », estime aussi Benoît Teste.

La fédération, majoritaire chez les professeurs, appelle toujours à participer aux mobilisations, prévues mardi, mercredi et jeudi, sous la forme de grèves ou de rassemblements.

Les 500 millions d’euros, évoqués au cours des dernières semaines, « sont bien consolidés », s’est réjoui pour sa part Stéphane Crochet, secrétaire général du SE Unsa, reçu dans la soirée.

Et « le ministre a bien redit qu’ils s’ajouteraient à des hausses futures pour construire une augmentation conséquente du budget national ».

Jean-Michel Blanquer n’a en revanche confirmé aucun chiffre pour les années après 2021.

« Beaucoup reste à faire », estime Stéphane Crochet. « On n’avance dans le concret que trop doucement, il y a encore beaucoup d’impatience », ajoute-t-il, réclamant notamment « davantage de visibilité » pour la traduction de cette augmentation sur les fiches de paye de chaque enseignant.

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