Salaires/impôts: Martinez (CGT) évoque une nouvelle mobilisation début 2019

PARIS, 20 décembre 2018 (AFP) – Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, envisage une nouvelle mobilisation début 2019 portant sur les salaires et la justice fiscale, considérant qu’Emmanuel Macron « n’a pas fait de remise en cause » de sa politique, dans une interview à l’Humanité publiée jeudi.

« Nous estimons qu’il faut remettre le couvert rapidement, en mobilisant dès le début de l’année sur des questions essentielles comme les salaires et la justice fiscale », dit-il.

Depuis la rentrée scolaire, la CGT a organisé quatre mobilisations, dont deux journées de manifestations et un appel à des grèves parallèlement au mouvement des « gilets jaunes ».

Les formes de la mobilisation en 2019 « restent à définir ».

Il a de nouveau appelé à une convergence avec les « gilets jaunes ». Ils « ont arraché la hausse de la prime d’activité, la prime exceptionnelle dans certaines entreprises, mais il n’ont pas gagné la hausse du Smic qu’ils revendiquent, ni le rétablissement de l’impôt sur la fortune », constate le leader syndical.

« Si l’on veut obtenir davantage, il faut donc être encore plus nombreux à se mobiliser, et cela vaut pour tout le monde, gilets jaunes, rouges et d’une autre couleur », ajoute-t-il.

A propos d’Emmanuel Macron, M. Martinez considère que le président de la République « n’a pas fait de remise en cause sur le fond ».

« Nous sommes très en retard dans notre redéploiement dans l’ensemble du monde du travail », reconnaît encore le responsable syndical, relevant que « tant que la CGT ne rayonnera que sur 25% du salariat, les 75% de salariés restants ne connaîtront des syndicats que ce qu’on peut leur raconter ailleurs. Et, en général, ce ne sont pas des compliments ».

Il reconnaît aussi que « le monde du travail peine à arracher de nouvelles conquêtes »: « Il y a eu des mobilisations importantes, mais sur les enjeux nationaux, depuis les 35 heures, nous avons empêché des reculs mais n’avons rien gagné de nouveau ». Pour lui, cette inefficacité pose « la question de l’action collective » et des « formes de lutte ».

bow/cel/tes