Salariés menacés par la réfection d’un hôtel parisien: la CGT va en justice

PARIS, 22 novembre 2016 (AFP) – La CGT a annoncé mardi qu’elle allait engager une action judiciaire pour contester la restructuration engagée au sein de l’hôtel Pullman Paris Montparnasse (groupe Accor) dont la prochaine fermeture pour travaux a entraîné l’ouverture d’un plan social visant près de 500 salariés.

« On ne voit pas pourquoi les salariés pâtiraient » des travaux que la direction a décidé d’engager, a dit à l’AFP José Munos, de la CGT, premier syndicat au sein de l’établissement, à l’occasion d’un rassemblement devant l’hôtel de luxe.

« Ce que l’on veut, c’est que les salariés soient détachés dans un autre hôtel du groupe et qu’ils puissent revenir travailler ici » lorsque l’hôtel rouvrira, a-t-il ajouté. Le Pullman Paris Montparnasse doit fermer en août pour des travaux qui vont durer trois ans.

Des négociations pour un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), prévoyant aussi des départs volontaires, ont débuté en septembre. « L’objectif est de reclasser les gens et d’éviter les licenciements en proposant des solutions à la hauteur du plan », avait alors indiqué une porte-parole du groupe Accor.

Ce PSE concerne les 461 salariés CDI de l’hôtel, où travaillent aussi des employés en sous-traitance dans les services techniques et de nettoyage, selon M. Munos.

Au contraire d’un salarié qui serait licencié puis reclassé dans un autre hôtel du groupe Accor, un salarié détaché dans un autre établissement pendant le temps des travaux garde son contrat et sa rémunération et est assuré de revenir travailler au Pullman Montparnasse à sa réouverture.

Accor fait « le choix de licencier des gens plutôt que de les détacher sur des postes manifestement disponibles puisqu’ils sont proposés » pour des reclassements, a observé Me Fiodor Rilov, qui va engager pour la CGT une action en référé dans les prochains jours. L’objectif est « de mettre en échec cette stratégie de gestion des emplois », a-t-il ajouté.

Après le rassemblement, les manifestants – environ 70 – devaient aller pique-niquer devant le Pullman Paris Tour Eiffel et défiler jusqu’au siège d’Unibail-Rodamco, propriétaire des murs.

Une centaine de salariés avaient déjà débrayé le 9 novembre pour appuyer ces revendications et demander aussi l’amélioration du PSE. Une délégation avait été reçue au ministère du Travail.

sp/db/al/nm