Salariés polonais chez PSA : « un sujet de solidarité européenne » pour le Medef

PARIS, 14 juin 2020 (AFP) – Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a estimé dimanche que faire travailler des salariés polonais de PSA dans des usines françaises était un « sujet de solidarité européenne », lors d’une émission sur RTL.

Le groupe automobile PSA a fait machine arrière samedi sous la pression du gouvernement quant à sa décision de faire venir en France certains de ses ouvriers polonais pour renforcer les équipes de son usine d’Hordain, dans le Nord, au détriment d’intérimaires français.

« Je comprends l’émotion que ça a pu susciter (…). Mais c’est un sujet complexe, parce que c’est un sujet de solidarité européenne », a déclaré M. Roux de Bézieux, interrogé dans l’émission Le Grand Jury.

« Ces salariés-là, ils sont en sous-activité en Pologne et le risque c’est qu’il y ait un plan de licenciement en Pologne », a-t-il expliqué. « Si chacun se replie sur son égoïsme national, on n’y arrivera pas », a-t-il affirmé, en soulignant que le projet de PSA prévoyait de payer les salariés polonais aux salaires français, donc sans dumping social.

« On serait en France, il y aurait une usine en sous-activité à Montbéliard et une usine en suractivité à Hordain, on déplacerait les gens pour trois mois, ça ne poserait pas de problème. Là, c’est parce qu’il y a des frontières entre les deux… », a-t-il développé.

« Avoir une solidarité européenne, (…) la question doit se poser parce qu’on essaie de faire une Europe qui soit à la fois solidaire et aussi harmonisée sur le plan fiscal et social », a-t-il ajouté.

M. Roux de Bézieux a d’ailleurs plaidé en faveur d’un salaire minimum européen. « L’idée du smic européen, qui serait un smic en pourcentage du salaire médian, c’est une idée à laquelle il faut réfléchir », a estimé le président du Medef.

« Il ne faudra pas compter sur le Medef pour défendre l’emploi des Français ! », a réagi sur Twitter Marine Le Pen.

« Ces gens n’ont plus le sens de l’intérêt national, on le savait, mais qu’ils n’en appellent pas alors à l’argent des contribuables français pour leur sauver la peau ! », a ajouté la présidente du Rassemblement national.

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