Salariés sans-papiers: des députés alertent Philippe sur les pratiques d’Elior

PARIS, 30 janvier 2020 (AFP) – Vingt députés de gauche ont écrit à Edouard Philippe pour dénoncer des « pratiques inacceptables » du groupe de restauration collective et de propreté Elior avec ses employés sans-papiers, et plus largement demander « une voie de régularisation efficace » des salariés sans titre de séjour.

Rappelant qu’Elior est « une entreprise prospère aux clients institutionnels et privés importants » (préfectures, prisons…) les signataires soulignent que « nombre de ses employés sont des personnes sans titre de séjour régulier », dans cette lettre au Premier ministre datée du 28 janvier et signée des députés Insoumis Jean-Luc Mélenchon, Clémentine Autin et Alexis Corbière notamment.

Ces salariés subissent « des conditions de travail en violation directe avec le droit », assure la lettre également signée par Marie-George Buffet (Gauche démocrate et républicaine), François Ruffin et Ugo Bernalicis.

Parmi ces « pratiques inacceptables », les signataires évoquent le « non paiement d’heures effectuées », le « licenciement oral avec menaces physiques ou menaces d’appeler les forces de l’ordre », ou encore le refus de l’entreprise de fournir un certificat de concordance, indispensable à une éventuelle régularisation lorsque la personne travaille sous une identité d’emprunt (cousin, ami…)

Rappelant qu’Elior a déjà été condamnée en 2018 aux prud’hommes, ils appellent le Premier ministre à « mener les démarches nécessaires » que les salariés « puissent obtenir leur régularisation ».

« Il y a une responsabilité politique à agir » et ce « d’autant plus quand des institutions de l’Etat sont les bénéficiaires directes de ces pratiques illégales et immorales », ajoutent les signataires.

Pour eux ces pratiques sont « permises par les politiques actuelles en matière d’immigration », alors que le droit place les travailleurs sans papiers « dans des situations d’extrême précarité et vulnérabilité ».

C’est pourquoi « il est urgent de proposer aux personnes qui travaillent en France une voie de régularisation efficace », et de « renforcer les contrôles à l’encontre des entreprises dont il est notoirement connu qu’elles exploitent la situation de précarité de leurs employé·es », selon eux.

cg/cs/pb