Sanofi: des syndicats dénoncent la création d’une filiale pour les principes actifs

PARIS, 25 février 2020 (AFP) – Les trois principaux syndicats de Sanofi – CFDT, CFE-CGC et CGT -, ont dénoncé la décision du groupe de créer une filiale rassemblant certaines de ses activités européennes dans les principes actifs pharmaceutiques.

La CFDT a jugé « surprenante et incompréhensible » l’annonce faite lundi par la direction, qui veut réunir six des onze sites de fabrication de principes actifs de Sanofi dans une nouvelle entreprise autonome.

Le groupe pharmaceutique français conserverait en propre les cinq autres sites, qui produisent quasi exclusivement pour lui. La filiale pourrait être introduite en Bourse d’ici à 2022. A terme, Sanofi y garderait une participation minoritaire d’environ 30%.

Accusant la direction de « démanteler la branche chimie du groupe », la CFDT « ne comprend pas cette stratégie et s’interroge sur l’avenir » d' »environ 3.100″ salariés qui « sortiront du groupe, dont 1.100 en France ».

Dans un communiqué publié lundi soir, le premier syndicat de Sanofi déplore la recherche « sans cesse » du « profit à court terme, mettant en péril l’équilibre global de la chaîne de valeur du médicament, l’emploi et également la santé publique ».

« Le groupe organise-t-il le démantèlement de sa branche chimie? », s’interroge de son côté la CFE-CGC (2e syndicat), qui « partage totalement l’inquiétude des salariés ». « La direction doit prouver le bien-fondé de son projet et la solidité de son business plan », réclame le syndicat des cadres, mardi, dans un communiqué.

« Pour convaincre », la direction devra « confirmer ses premiers engagements », notamment « en garantissant l’absence de dette » pour la filiale « afin de maximiser ses capacités d’investissement futures » et « en accordant des conditions sociales équivalentes pour ses collaborateurs », ajoute-il.

La CGT (3e syndicat) juge pour sa part que la direction « démantèle Sanofi », afin de « garder uniquement ce qui est le plus rentable » et « en se désengageant de médicaments essentiels pour la population mondiale, mais moins lucratifs ».

« Pour produire pour des tiers », ce que font « déjà » des sites de Sanofi Chimie, « il suffirait simplement de développer cette activité dans Sanofi », ajoute la CGT dans un communiqué. En outre, s’inquiète le syndicat, les salariés de la nouvelle filiale « pourraient perdre leur statut Sanofi puisque les accords ne valent que pour les salariés appartenant à des entreprises détenues à plus de 50% par Sanofi ».

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