Sanofi: les syndicats « écoeurés » par la vente des activités génériques en Europe

PARIS, 28 octobre 2016 (AFP) – Les syndicats de Sanofi se sont dit « écoeurés » et « en colère » après l’annonce vendredi d’une cession prochaine des génériques en Europe, dénonçant les « erreurs de stratégie » dont serait coupable, selon eux, une direction obsédée par la rentabilité.

Le groupe pharmaceutique entend céder d’ici un à deux ans ses activités génériques en Europe, malgré un chiffre d’affaires de 800 millions d’euros l’an dernier (+7% sur un an) sur ce périmètre. Environ 200 emplois sont concernés en France, sur un total de quelque 3.000.

« C’est écoeurant » car « les génériques rapportent, mais pas assez à leurs yeux », a déploré Emmanuel Maingard, de la CFDT (premier syndicat), se disant « en colère » notamment contre le rachat d’actions pour 3,5 milliards d’euros programmé d’ici fin 2017.

« Au lieu de racheter des actions ou de les détruire, pourquoi ils n’investissent pas dans du biosimilaire (des copies de médicaments issus des biotechnologies, NDLR)? Ce sont des erreurs de stratégie au détriment des salariés, comme d’habitude », a-t-il dit à l’AFP.

Depuis l’arrivée d’Olivier Brandicourt à sa tête en 2015, Sanofi est « continuellement en réorganisation » et dispose d’une stratégie « complètement floue », sauf à « faire du fric ». Le PDG « a toujours dit que l’industriel coûtait trop cher », s’insurge M. Maingard.

La CGT s’alarme également du « danger majeur » que représente pour elle une stratégie « qui plaît aux actionnaires », mais qui va transformer Sanofi en « une coquille de plus en plus vide, où il ne resterait plus que le siège et de moins en moins d’usines ».

La direction favorise « une vente par morceaux des activités du groupe qui est extrêmement préjudiciable à moyen terme, pour l’ensemble de notre outil scientifique et industriel, de la recherche jusqu’à la promotion », s’inquiète Thierry Bodin.

Sanofi a engagé la vente de Merial, sa filiale de santé animale, dans le cadre d’un échange d’actifs avec l’allemand Boehringer Ingelheim. Il prévoit aussi de réorganiser son activité chimie, ce qui fait craindre aux syndicats une cession partielle.

L’entreprise « est dans un processus de désengagement », alors que « toutes ces activités participaient à la solidité du groupe », affirme M. Bodin.

Avec le rachat d’actions, « particulièrement scandaleux », « la deuxième entreprise la plus bénéficiaire de France » gaspille de l’argent qu’elle ne met « ni dans les investissements, ni dans l’emploi, ni dans la découverte de nouveaux traitements », conclut-il.

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