Sanofi Pasteur revoit à la hausse le temps de travail

PARIS, 31 mars 2017 (AFP) – Les salariés de Sanofi Pasteur vont travailler 10% de plus en moyenne, au prix d’une compensation salariale temporaire, en vertu d’un accord qui va permettre d’améliorer la productivité des usines françaises, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

Un accord-cadre conclu à l’automne a été décliné par des accords locaux signés jeudi et vendredi par trois syndicats (CFDT, CFTC et CFE-CGC) pour l’usine de Marcy-l’Etoile (3.500 personnes), près de Lyon, et par la CFDT et la CFTC au Val-de-Reuil (2.000), dans l’Eure, a précisé l’entreprise.

Il fait suite à la dénonciation fin 2015 par l’entreprise des précédents textes sur l’organisation du temps de travail.

La réorganisation, baptisée « Agilité », va « renforcer la performance et l’attractivité » des sites français, a salué l’entreprise.

« Le temps de travail effectif augmente en moyenne de 10%, tout en restant en-dessous des 35 heures hebdomadaires en moyenne, en conservant 17 jours de RTT au lieu de 21 », souligne-t-elle. Tous les salariés auront une compensation la première année pour la perte de RTT.

Les ouvriers dits « postés », en équipes successives pour faire tourner en continu les usines, week-ends compris, sont les plus impactés. Ils devront travailler environ 20 jours de plus, selon Humberto de Sousa (CFDT).

Pour eux, l’accord prévoit une compensation financière pendant trois ans: 60% la première année, puis 40% et 25%. De fait, le salaire horaire baisse, « on le regrette. Ce n’est ni plus ni moins un accord de compétitivité pour réduire les coûts » mais cela « garantit la pérennité » des sites, estime le représentant CFDT.

Assumant « un compromis » face au « risque » d’appliquer la convention de branche ou le code du travail, moins favorables, M. de Sousa insiste sur les « nouveaux droits acquis », dont « une hausse de 35% du salaire horaire pour le travail de nuit » et un « dispositif de fin de carrière ».

Longues et délicates, les discussions ont parfois été accompagnées d’un « chantage à l’investissement », comme à Val de Reuil, « où on est allé dire que sans signature, il n’y aurait pas le nouveau bâtiment promis », dénonce Franck Berthelin (CGT).

Le temps travaillé augmentant, Sanofi Pasteur n’a pas caché aux syndicats son intention de réduire le nombre d’intérimaires et CDD. Mais dans l’immédiat, l’entreprise s’est engagée à transformer 120 CDD en CDI.

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