Santé: les cliniques privées veulent leur part du « Ségur »

PARIS, 17 juin 2020 (AFP) – La fédération de l’hospitalisation privée (FHP), qui représente les cliniques à but lucratif, a réclamé mercredi une hausse de 10% du budget des établissements hospitaliers l’an prochain, afin d’augmenter les salaires et l’investissement dans les mêmes proportions que dans le secteur public.

Frapper fort pour être entendu: à mi-chemin des concertations du « Ségur de la santé », qui doit concrétiser d’ici mi-juillet le « plan massif » promis par Emmanuel Macron, les cliniques privées espèrent bien ne pas être oubliées, quitte à charger la barque.

« Nous demandons une hausse de 10% en 2021, ça peut paraître farfelu mais c’est juste un retour à l’équilibre » après une décennie de baisse des tarifs hospitaliers, a expliqué le président de la FHP, Lamine Gharbi, lors d’une conférence de presse.

Cela équivaut à une rallonge de 8,5 milliards d’euros, sur la base du budget 2020 de la Sécu pour les établissements de santé (publics et privés), voté avant le Covid.

La majeure partie de cette somme (6%, soit environ 5 milliards) servirait aux revalorisations salariales, la part des cliniques privées étant estimée à 825 millions, sur la base d’une augmentation générale de 300 euros net par mois revendiquée par les syndicats et collectifs de soignants.

Pour en financer une partie, la FHP demande la suppression de la taxe sur les salaires, qui coûte 475 millions d’euros aux cliniques et dont la disparition est aussi réclamée par les secteurs public et privé non lucratif.

M. Gharbi tient en revanche à la tarification à l’activité, qui « ne doit pas être abandonnée » malgré les nombreuses critiques dont elle est l’objet.

Le solde de l’enveloppe réclamée (4%, soit environ 3,4 milliards) serait consacré d’une part à l’investissement, d’autre part à l’augmentation habituelle de l’activité.

Dans le même élan, M. Gharbi a souhaité une augmentation du budget hospitalier de 6% en 2022, soit 5,5 milliards de plus.

De quoi abonder notamment un « plan massif de formation » de 2 milliards pour doubler rapidement le nombre d’élèves infirmiers et aides-soignants.

Il a par ailleurs demandé « de manière formelle » que les établissements privés bénéficient de la reprise de dette prévue pour les hôpitaux publics.

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