Se concentrer sur les évolutions de carrière et non le Smic, plaide Berger (CFDT)

PARIS, 14 décembre 2015 (AFP) – Le débat sur le niveau du Smic ne doit pas masquer la « responsabilité » des entreprises dans l’absence de progression de carrière pour « des millions de salariés » qui restent au salaire minimum « toute leur vie », a jugé lundi Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT.

A l’inverse de la CGT, FO, la CFE-CGC et la CFTC, son syndicat n’avait pas réclamé au gouvernement de « coup de pouce » pour le salaire minimum légal, revalorisé de 0,6% au 1er janvier pour tenir compte de l’inflation.

Rappelant que le Smic constituait le « salaire d’entrée pour quelqu’un qui n’est pas qualifié », Laurent Berger a estimé sur France Info que « ce qui est important ce sont les déroulements de carrière », qui actuellement « ne marchent plus ».

« Aujourd’hui, le Smic, il y a des millions de salariés qui y sont toute leur vie, et ça c’est insupportable », a regretté le numéro un de la CFDT.

Il a appelé à « des négociations dans les branches, sur les classifications, sur les parcours professionnels qui permettront demain de faire en sorte que le Smic, on n’y reste pas toute la vie ».

« A polariser trop le débat salarial dans notre pays sur la question du Smic, on oublie cette responsabilité-là qui est d’abord celle des branches professionnelles et des chefs entreprises », a poursuivi M. Berger.

A partir de janvier, le salaire minimum s’élèvera à 1.466,62 euros bruts mensuels mais, après déduction des cotisations sociales, un « smicard » ne touchera que 1.143 euros nets.

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