Sécu: les médecins libéraux inquiets d’un gel budgétaire de 120 millions en 2019

PARIS, 11 octobre 2018 (AFP) – Le principal syndicat de médecins libéraux, la CSMF, s’est inquiété jeudi d’un gel budgétaire de 120 millions d’euros en 2019 pour les dépenses de santé en ville (hors hôpital), réagissant à une mesure annoncée la veille par la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

« Les soins de ville sont déjà largement mis à contribution dans le cadre du plan d’économies » en santé, s’est indignée la CSMF dans un communiqué, « rejetant » une telle disposition.

Auditionnée mercredi par la commission des Affaires sociales du Sénat, Mme Buzyn a évoqué « une provision de 120 millions d’euros, une réserve prudentielle » sur les dépenses prévues pour les « soins de ville » dans le cadre du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2019.

Il s’agirait de « faire un gel, quelque part, tel que nous le faisons sur les établissements de santé », a expliqué la ministre. Une mesure qui va selon elle « dans le sens » d’une récente préconisation de la Cour des comptes « pour une meilleure régulation de l’enveloppe soins de ville ».

Chaque année, des crédits destinés aux hôpitaux sont mis en réserve puis dégelés ou non en fonction du respect des objectifs budgétaires.

Dans son dernier rapport sur la Sécu, la Cour des comptes suggère d’instaurer des mécanismes similaires pour enrayer le dérapage des dépenses parmi les professionnels de santé libéraux.

Contacté par l’AFP, le ministère de la Santé a précisé que ces 120 millions correspondaient à une volonté de ne pas « imputer le dépassement de la ville sur l’hôpital ».

L’objectif selon lui était de « prévoir un peu plus d’économies que nécessaire » sur les soins de ville, afin de « dégager une marge de 120 millions » si les économies se réalisent, de sorte que ça « améliore la situation financière globale ».

Dans le cas contraire, les économies permettront d' »absorber le différentiel » à hauteur de 120 millions d’euros, a-t-il précisé.

De son côté, la CSMF promet d’être « particulièrement vigilante » pour garantir des « marges de manoeuvres suffisantes » aux soins de ville et « répondre aux besoins de la population ».

Le projet de budget de la Sécu pour 2019 prévoit 3,8 milliards d’euros d’économies en santé, malgré une rallonge budgétaire de 400 millions d’euros destinée à financer le plan santé dévoilé en septembre par le gouvernement.

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