Sécurité ferroviaire: les prud’hommes donnent raison à la CGT contre la SNCF

BAYONNE, 18 octobre 2016 (AFP) – Le conseil de prud’hommes de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) a jugé mardi légitime le droit de retrait exercé par trois cheminots qui refusent de conduire des trains exposés à des risques de « déshuntage », une rupture de la liaison électrique avec les rails pouvant entraîner un défaut de signalisation, a appris l’AFP de source syndicale.

Les juges ont en outre ordonné la levée des sanctions prises par la SNCF à l’encontre de ces trois conducteurs et le versement de 1.000 euros à chacun au titre du préjudice moral.

Depuis janvier 2015, les trois cheminots syndiqués à la CGT refusent de conduire les trains autorail de type X73500 sur la ligne de TER Bordeaux-Bayonne. « Cette ligne présente de forts risques de déshuntage », qui peut entraîner notamment la non-fermeture de passages à niveaux à l’arrivée du train, « donc nous refuserons de conduire sur cette ligne tant qu’elle présentera un danger grave pour les usagers », a expliqué à l’AFP Julien Delion, un des trois plaignants.

Le 13 octobre, le président de SNCF Réseau, Patrick Jeantet, a déclaré que, pour sécuriser les voies, près de 400 passages à niveau étaient désormais équipés de « pédales de déshuntage (…) (permettant) mécaniquement de déclencher le passage à niveau ». Le secrétaire d’Etat aux Transports, Alain Vidalies, a quant à lui assuré que « depuis le 1er janvier 2016, sur l’ensemble du réseau, aucun déshuntage n’a été signalé ».

Ce jeudi, le tribunal correctionnel de Brest doit se prononcer sur la responsabilité de la SNCF dans la mort en 2006 à La Roche-Maurice (Finistère) d’une conductrice à un passage à niveau dont les barrières n’ont pas fonctionné correctement. Durant l’audience, le procureur a requis une amende allant de 70.000 à 100.000 euros.

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