Sécurité ferroviaire: les syndicats interpellent le gouvernement

PARIS, 9 novembre 2015 (AFP) – A dix jours des élections internes à la SNCF, la thématique de la sécurité a été poussée lundi au premier plan par trois syndicats de cheminots, qui relèvent une « multiplication » d’incidents et ont obtenu d’être prochainement reçus par le gouvernement.

La charge la plus forte est venue de la CGT-Cheminots. Lors d’une conférence de presse, son secrétaire général, Gilbert Garrel, a accusé la direction de la SNCF de « jouer à la roulette russe avec la sécurité ». « Notre but n’est pas de créer de la peur mais d’alerter les citoyens » alors que la SNCF et l’autorité de tutelle « semblent rester de marbre », a-t-il justifié.

Il a pointé notamment une hausse des incidents de « déshuntage » (rupture de la liaison électrique entre le train et les rails) avec certains TER, de type X73500, dont plus de 300 modèles sont en circulation, ainsi que des locomotives de fret (BB60000).

Causée par l’empoussièrement des voies, cette rupture rend brièvement le train invisible des systèmes de sécurité qui commandent l’abaissement des barrières pour les passages à niveaux ou les aiguillages.

« Les +déshuntages+ ont toujours existé mais ils se sont accentués », estime Thierry Durand, délégué CGT, qui liste une demi-douzaine d’épisodes en octobre rien que pour les trains X73500. Il incrimine la baisse générale du trafic fret, dont les passages de trains permettaient de « nettoyer » les voies, et une diminution des effectifs d’agents d’entretien des voies.

Dans un communiqué, l’Unsa a fait également état d’une « multiplication des dysfonctionnements en termes de sécurité » et réclamé aussi une rencontre avec l’autorité de tutelle.

Dénonçant « toute exploitation médiatique à des fins électoralistes d’incidents », la CFDT a de son côté écrit à la presse être intervenue « dès les premiers incidents pour obtenir des mesures correctives immédiates » et demande au ministre de tutelle « de prendre toutes mesures utiles visant à renforcer la confiance des salariés et des voyageurs ».

Le « déshuntage n’est pas un sujet qu’on découvre », « nous avons bien entendu pris un certain nombre de mesures au fil du temps pour trouver les solutions techniques » en collaboration « avec les constructeurs », affirme à l’AFP un porte-parole de la SNCF.

Interrogé par l’AFP, le secrétariat d’Etat aux Transports a répondu qu’il recevrait un à un les syndicats CGT, Unsa et CFDT les 26 et 27 novembre.

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