Sécurité routière: le gouvernement lance un appel aux entreprises

PARIS, 11 octobre 2016 (AFP) – Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et la ministre du Travail Myriam El Khomri ont présenté mardi un appel national aux entreprises pour la sécurité routière, rappelant que les accidents de la route sont la première cause de mortalité au travail.

Cet appel « engage les entreprises à tout mettre en oeuvre pour que leurs collaborateurs ne prennent aucun risque au volant ».

Les entreprises signataires s’engagent à limiter aux cas d’urgence les conversations téléphoniques au volant, prescrire la sobriété sur la route, exiger le port de la ceinture de sécurité, ne pas accepter le dépassement des vitesses autorisées, intégrer des moments de repos dans le calcul des temps de trajet, favoriser la formation à la sécurité routière des salariés, et encourager les conducteurs de deux-roues à mieux s’équiper.

Aux côtés des ministres, 21 entreprises, qui emploient 1,1 million de salariés, étaient représentées. Parmi ces premiers signataires se trouvent principalement de grands groupes, dont Michelin, Danone, Engie ou PSA.

Un site a été créé pour relayer l’appel (entreprises.routeplussure.fr). Il a déjà recueilli la signature de Nicolas Théry, président du Crédit mutuel.

Myriam El Khomri a rappelé que « les accidents de la route constituent la première cause de mortalité au travail », soit 483 décès en 2015 (13,5% de la mortalité routière). Les accidents corporels dans ces circonstances sont à l’origine de « 6 millions de journées de travail perdues » l’an dernier.

Bernard Cazeneuve a réaffirmé la volonté du gouvernement d’imposer aux entrepreneurs de désigner les salariés auteurs d’infractions routières avec un véhicule d’entreprise.

La mesure, intégrée au projet de loi « Justice du XXIe siècle » présenté en lecture définitive à l’Assemblée nationale le 12 octobre, pourrait entrer en vigueur le 1er janvier 2017.

« Il faut empêcher que les salariés s’estiment en possibilité d’échapper au retrait de point », a dit le ministre de l’Intérieur.

Chaque année, 2 millions de points de permis de conduire ne sont pas retirés à des salariés ayant commis une infraction.

La plupart des sociétés s’acquittent des amendes sans transmettre à l’administration l’identité de l’auteur de l’infraction. Un « abus de bien social » estime Emmanuel Barbe, le délégué interministériel à la sécurité routière.

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