Ségur de la santé: des manifestants dénoncent un « show » et du « blabla »

PARIS, 26 mai 2020 (AFP) – Plusieurs dizaines de soignants ont manifesté mardi devant l’hôpital Saint-Antoine à Paris afin de réclamer des « mesures concrètes » pour le personnel hospitalier, au deuxième jour du « Ségur de la santé », perçu comme une « opération de com' » du gouvernement.

Les manifestants, masqués et revêtus pour certains de blouses blanches, se sont retrouvés devant les portes de l’hôpital à l’appel de la CGT. Equipés de banderoles et de pancartes, ils ont appelé à « déconfiner la colère » pour « mettre la pression sur le gouvernement ».

« Pour l’instant, on n’a que des discours et des promesses. On attend des actes concrets », a martelé Christophe Prudhomme, médecin urgentiste de Seine-Saint-Denis, en dénonçant les conditions dans lesquelles le gouvernement a engagé son « Ségur de la santé ».

Cette vaste concertation, qui doit aboutir d’ici sept semaines à des accords censés améliorer le quotidien des soignants et la prise en charge des malades, a été lancée lundi par Edouard Philippe lors d’une visioconférence à laquelle ont participé 300 personnes.

Elle se poursuit mardi avec la mise en place d’un groupe de travail sur les « carrières et rémunérations » et d’un « comité Ségur national », piloté par l’ancienne responsable de la CFDT Nicole Notat, qui servira de cadre pour suivre « l’avancement global de la concertation ».

Une organisation vivement critiquée mardi par les manifestants. « Hier, nous avons vu un grand show, ce n’étaient pas des négociations », a dénoncé au micro Christophe Prudhomme, en critiquant notamment le choix de Nicole Notat pour piloter les discussions.

« Mme Notat a une connotation politique qui pose problème. Et elle n’a aucune légitimité particulière pour mener ce genre de débat », a assuré le médecin hospitalier, par ailleurs porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf).

« Le Ségur, ça s’appelle une opération de com' », a tranché de son côté Rose-May Rousseau, secrétaire générale de l’Usap-CGT, en regrettant l’absence d’engagement chiffré sur les salaires, mais aussi et surtout sur les embauches, l’une des principales revendications des manifestants.

Un message relayé par Aurélie Jochaud, infirmière à l’hôpital Saint-Antoine. « Pour l’instant, le Ségur de la santé, c’est beaucoup de blabla. Si on veut que les choses changent, on ne peut compter sur sur nous-mêmes », a assuré la quadragénaire, appelant à « mettre la pression sur le gouvernement ».

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