Ségur de la santé: la hausse des rémunérations à l’hôpital, « c’est l’urgence » (Valletoux, FHF)

PARIS, 23 mai 2020 (AFP) – La hausse des rémunérations à l’hôpital, « c’est l’urgence » à l’heure où le gouvernement s’apprête à lancer son « Ségur de la santé », estime le président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Frédéric Valletoux, dans une interview dimanche au JDD.

« Le gouvernement doit se montrer à la hauteur de ce que les hospitaliers ont donné » pour faire face à la crise sanitaire du coronavirus. « Le vrai hommage aux soignants, ce serait de ne pas se moquer d’eux avec des promesses non tenues », met en garde M. Valletoux dans les colonnes du Journal du dimanche.

La revalorisation des carrières promise par le ministre de la Santé, Olivier Véran, « c’est positif et c’est l’urgence. Il faut donner une reconnaissance aux infirmiers, aides-soignants, agents d’entretien, en leur offrant une rémunération plus décente, dès le début de carrière. Celle-ci doit être à la hauteur de leur utilité sociale », insiste M. Valletoux.

« Le premier désert médical de France, c’est l’hôpital: près de 30 % de postes y sont non pourvus », rappelle-t-il, plaidant notamment pour « réduire les écarts de rémunérations entre public et privé, qui affaiblissent les hôpitaux ».

Les concertations du « Ségur de la santé », du nom de la rue où se situe le ministère, s’ouvriront lundi pour sept semaines autour des questions de hausse des salaires, mais aussi de temps de travail, de gouvernance et de financement des hôpitaux. Elles seront coordonnées par l’ex-secrétaire générale de la CFDT Nicole Notat, et certaines des mesures retenues pourraient figurer dans le prochain budget de la Sécurité sociale.

Pour M. Valletoux, « c’est une occasion historique » et « le gouvernement doit tirer les leçons des erreurs passées » car, « jusqu’ici, les réformes ont eu l’art d’éviter les vrais sujets, comme le financement, la rationalisation des dépenses par la pertinence des soins ou les déserts médicaux. Le pire serait un retour à une gestion technocratique et économique au détriment des besoins réels des patients ».

Parmi les revendications de la FHF, qui participera à cette concertation, M. Valletoux évoque la nécessité d' »introduire des dérogations aux 35 heures », de « réformer le pilotage et la gouvernance avec un + choc de simplification + », ou encore d’augmenter l’investissement dans les hôpitaux de « deux milliards par an ».

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