Sept personnes très âgées sur dix vieillissent à domicile (étude)

PARIS, 8 décembre 2016 (AFP) – Sept personnes sur dix âgées de 85 ans et plus vieillissent chez elles, seules ou en couple, une proportion qui s’est fortement accrue ces dernières décennies, tandis que la proportion de celles qui cohabitent avec leurs enfants chutait, selon une étude publiée jeudi.

69% des personnes dans cette tranche d’âge vivaient seules (46%) ou en couple (23%) en 2011 contre 49% en 1982, selon cette étude de l’Institut national d’études démographiques (Ined).

Dans le même temps, la proportion de personnes très âgées qui cohabitent avec des proches (leurs enfants la plupart du temps) a été divisée par près de trois, passant de 31% à 11%.

L’hébergement en maison de retraite est demeuré stable (20%). L’entrée y a lieu de plus en plus tardivement, à 84 ans et 5 mois en moyenne en 2011 contre 82 ans en 1994.

Si l’autonomie résidentielle progresse partout en France, les contrastes entre départements demeurent marqués. La proportion de personnes très âgées résidant avec des proches est la plus élevée en Corse (environ 28%), et est supérieure à 15% dans le sud-ouest.

Le recours aux maisons de retraite varie également beaucoup selon les départements. Il est le plus répandu à l’Ouest, dans les départements des Pays de la Loire, des Deux-Sèvres, en Ille-et-Vilaine et dans l’Orne, dans les Vosges, ou encore dans l’Aveyron, la Lozère, l’Ardèche, la Haute-Loire, l’Ain ou l’Yonne.

A l’inverse, c’est à Paris et en région parisienne, en Corse, sur le pourtour méditerranéen et dans la région Nord que ce mode d’hébergement est le moins fréquent (parfois beaucoup moins de 10%).

Quelque 55% des personnes très âgées vivent seules dans le Nord, la Seine-maritime ou la Marne, Paris détenant le record (près de six Parisiens sur dix vivent seuls).

L’Ined attribue les contrastes géographiques au développement des services d’aide à domicile, au nombre de lits en maison de retraite et au degré d’implication familiale.

« Demain, les personnes très âgées devraient pouvoir vivre plus longtemps encore chez elle, à condition que la famille, premier pourvoyeur d’aide, ne se démobilise pas, et que les pouvoirs publics ne réduisent pas l’aide fournie », observent les auteurs de l’étude.

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