SFR: comité de groupe suspendu, la tension monte avec les représentants du personnel

PARIS, 10 novembre 2016 (AFP) – Les représentants du personnel de SFR ont suspendu jeudi le comité de groupe pour protester contre la manière dont la direction a décidé d’informer les salariés sur les milliers de suppressions de postes annoncées, passant outre leurs prérogatives, a-t-on appris de sources syndicales.

Le groupe SFR, qui a annoncé cet été la suppression d’ici à mi-2019 d’un tiers des effectifs de son pôle télécoms via des départs volontaires, s’était engagé à produire une « présentation détaillée des impacts sociaux » de ses orientations stratégiques, comme le réclament les syndicats depuis septembre.

Les métiers concernés n’ont jusqu’à présent pas encore été précisés, laissant les salariés dans l’incertitude la plus complète, déplorent les syndicats.

Aucun document préparatoire n’a été fourni aux représentants du personnel avant la séance, contrairement au règlement de l’instance, ont indiqué à l’AFP des sources syndicales.

De plus, la direction du groupe télécoms et médias a indiqué au début de la réunion qu’elle ne leur fournirait pas ce jour-là de document, s’appuyant simplement sur une présentation « à l’écran ».

Selon eux, elle a aussi annoncé que les directeurs et managers étaient parallèlement informés afin de transmettre directement aux salariés les nouvelles sur les postes menacés.

Faute de disposer « des informations avant les salariés, comme l’exige le dialogue social », les représentants du personnel « ne peuvent donc exercer leurs missions et leurs prérogatives », souligne le comité de groupe dans la résolution, consultée par l’AFP, adoptée à une très grande majorité, selon une source syndicale.

Ce nouvel épisode illustre la tension grandissante au sein de l’entreprise. L’ensemble des organisations syndicales du pôle télécoms (Unsa, CFDT, CGT, CFE-CGC, CAT et Sud) avaient décidé fin octobre de suspendre leur participation à toutes les réunions jusqu’à ce jeudi, pour protester justement contre l’absence d’informations précises sur les métiers impactés.

Le comité central d’entreprise (CCE) de l’opérateur a d’ailleurs pour cette raison assigné l’entreprise en justice. Le dossier devait être examiné jeudi.

L’opérateur télécoms, racheté en 2014 par Numericable (Altice), a annoncé cet été la suppression d’ici à mi-2019 de 4.000 à 5.000 postes, soit un tiers des effectifs, via des départs volontaires.

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