SFR: d’ex-salariés contestent aux prud’hommes leurs « départs volontaires »

PARIS, 27 juillet 2018 (AFP) – Près de 200 anciens salariés de SFR (groupe Altice France), partis dans le cadre du plan de départs volontaires lancé en 2017 qui a vu la suppression de quelque 5.000 postes chez l’opérateur télécoms, ont saisi les prud’hommes, a-t-on appris vendredi auprès de leurs avocats.

Les 193 plaignants entendent « contester le bien fondé » de leur intégration dans le plan de départs volontaires (PDV), ont indiqué à l’AFP Me Romain Geoffroy et Me Sarah Diamant-Berger. Selon eux, cette réorganisation « n’est ni plus ni moins qu’un plan social illicite déguisé ».

Selon Me Geoffroy, qui a déjà défendu avec succès des centaines d’ex-salariés de centres d’appel de SFR partis dans un précédent PDV en 2007, l’opérateur télécoms a de nouveau utilisé un PDV, « au lieu de mettre en oeuvre un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) », pour « éviter de satisfaire à son obligation de maintien dans l’emploi » des salariés.

Les raisons économiques avancées pour la restructuration sont « particulièrement contestables », estiment les deux avocats, et « fondées principalement sur la nécessité de remonter la trésorerie et dégager des capacités financières (…) pour le développement du groupe », soulignent-ils.

« Il était nécessaire pour SFR de se réorganiser pour rester compétitif, comme nos concurrents l’avaient fait », a fait valoir de son côté la direction de l’opérateur, interrogée par l’AFP.

Le PDV, « fruit d’un accord majoritaire avec les organisations syndicales majoritaires quant aux mesures d’accompagnement », a été homologué par l’administration du travail, a-t-on rappelé de même source, soulignant qu’il était « uniquement basé sur du volontariat ».

Mais, selon Me Geoffroy, l’opérateur télécoms a « d’abord » supprimé des postes et « embarqué ensuite » les salariés dans un système de « soi-disants départs volontaires ». L’un des plaignants de Marseille, un ex-salarié qui avait 25 ans d’ancienneté, a expliqué qu' »+on a fermé (son) service et après on (lui) a proposé d’intégrer un PDV+ ».

De premières audiences de conciliation sont prévues en septembre, notamment à Marseille où 66 dossiers doivent être examinés. Les conseils de prud’hommes de Nantes, Meaux (Seine-et-Marne), Bobigny (Seine-saint-Denis), Aix-en-Provence, Longjumeau (Essonne) ou Rennes notamment ont été saisis.

Avant de lancer les procédures, Me Geoffroy était allé à la rencontre d’anciens salariés, organisant des réunions publiques à Nantes, Massy, Marseille ou Lyon.

L’entreprise, « aujourd’hui au travail, organisée », « ne commente pas les tentatives d’aventures judiciaro-médiatiques », a ajouté la direction de l’opérateur.

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