SFR Distribution: les syndicats dénoncent deux licenciements « arbitraires »

PARIS, 21 juin 2018 (AFP) – L’intersyndicale de SFR Distribution s’est élevée jeudi contre les licenciements « arbitraires », selon elle, de deux salariés, dénonçant une « pratique dictatoriale » liée à un actionnaire du groupe de télécoms, la direction faisant part de son côté de licenciements « pour faute ».

Les deux salariés en question travaillaient l’un à la boutique SFR de Montesson (Yvelines), l’autre comme responsable point de vente à Paris.

Dans un communiqué, l’intersyndicale CFTC, CFE-CGC, CGT, Unsa et CFDT écrit que le premier a été « viré pour avoir refusé de faire des photocopies pour les amis de la soeur de notre actionnaire », le second pour « avoir travaillé avec une cooptée de notre actionnaire ».

L’actionnaire cité est également dirigeant du groupe de télécoms et de médias, a indiqué à l’AFP l’Unsa.

Selon l’intersyndicale, le vendeur de Montesson avait été sommé par « la soeur de l’actionnaire » de lui « photocopier son avis d’imposition », ce qu’il a fait, avant de refuser de faire de même pour ses amis. Elle l’aurait alors « menacé de lui faire perdre son emploi ».

Il a été convoqué peu après à un entretien préalable à licenciement et licencié pour « manque de respect à une collaboratrice », malgré plusieurs attestations en sa faveur des « clients et vendeurs présents ».

Quant au responsable point de vente à Paris, on lui a notamment reproché son « dress-code » mais, « en réalité », son licenciement a été « orchestré par une proche de la famille de notre actionnaire travaillant » dans le même magasin, accuse l’intersyndicale. Et en dépit de « 17 attestations » en sa faveur.

« Cette personne ne s’entendait pas avec lui », selon l’Unsa.

Interrogée par l’AFP, la direction de SFR a confirmé les licenciements mais souligné que les « deux collaborateurs ont été licenciés pour faute ».

Elle a évoqué notamment des « comportements non compatibles avec les valeurs de l’entreprise ».

« Pendant » qu’Altice annonce la vente partielle des pylônes de son réseau mobile pour 2,5 milliards d’euros, « +la famille+ continue de faire régner la terreur au mépris des lois les plus élémentaires (…) C’est le règne du népotisme et du prince tout-puissant! », a commenté la CFDT.

L’un des salariés concernés a indiqué à l’AFP que son avocate avait adressé un courrier à l’entreprise pour contester son licenciement, première étape avant de saisir les prud’hommes.

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