SFR: le CCE suspendu faute d’informations « précises » sur les « conséquences sociales »

PARIS, 13 octobre 2016 (AFP) – Le comité central d’entreprise de SFR a été suspendu jeudi, les élus ayant demandé à la direction de l’opérateur de leur donner des informations « précises » sur les « conséquences sociales » de ses projets, a-t-on appris de sources syndicales.

Dans une résolution adoptée à l’unanimité, les élus du CCE ont « mis en demeure » l’opérateur de lui remettre sous huit jours « une information complète et loyale sur les métiers impactés » par ses « orientations stratégiques », mettant en avant la situation « insoutenable » des salariés, selon le texte consulté par l’AFP.

L’opérateur télécoms a annoncé cet été la suppression d’ici à mi-2019 de 4.000 à 5.000 postes, soit un tiers des effectifs, via des départs volontaires. Mais il n’a pas encore défini quels métiers seraient touchés. La présentation des orientations stratégiques au CCE devait en être l’occasion.

Après une première réunion le 29 septembre, déjà suspendue pour les mêmes raisons, les élus espéraient obtenir de premières réponses ce jeudi. La direction « reviendra +sous huit jours+ avec une copie à prendre en l’état », a indiqué une source syndicale.

Les salariés « commencent à trouver le temps long », a ajouté cette source. « Les gens ne savent pas à quelle sauce ils vont être mangés », a renchéri une autre source syndicale, ce qui explique sans doute selon elle la difficulté de les mobiliser, de même que des « pressions » exercées sur les salariés.

L’appel à la grève lancé ce jeudi par la CGT, soutenu par la CFE-CGC, pour protester contre « les suppressions d’emploi, les fermetures de boutiques et autres externalisations », n’a ainsi pas eu beaucoup d’écho. La plus forte mobilisation a été observée à Marseille, selon la CGT et la direction.

Environ 80 salariés du service clients de Marseille, soit un « tiers des effectifs présents » selon la CGT, se sont rassemblés en début d’après-midi devant le site. La direction a de son côté recensé 37 grévistes dans la cité phocéenne.

Ailleurs, un rassemblement a été organisé à Massy (Essonne), ainsi que des rencontres avec le personnel.

C’était la deuxième fois cette semaine que les salariés étaient appelés à se mobiliser, après une initiative de la CFDT et de l’Unsa mardi contre le projet d’externalisation des services clients. Ceux-ci pourraient être transférés chez le groupe marocain Intelcia (centres d’appel), dont le rachat par Altice, la maison mère de SFR, est en cours de finalisation.

Pour la direction, qui réfute le terme d' »externalisation » et parle de « réorganisation », il s’agit au contraire d’une « opportunité pour le groupe d’intégrer des compétences ».

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