SFR: les salariés des services clients disent non à un projet d’externalisation

PARIS, 11 octobre 2016 (AFP) – Les salariés des services clients de SFR ont manifesté mardi leur opposition au projet d’externalisation qui les menace, une « double douche froide » avec les déménagements de sites déjà annoncés par l’opérateur, en débrayant à l’appel de la CFDT et de l’Unsa, les syndicats majoritaires.

Environ 200 salariés se sont rassemblés au pied du siège de SFR à Saint-Denis, dont certains venus du site de Gentilly (Val-de-Marne), a constaté une journaliste de l’AFP. Un débrayage a aussi été observé à Marseille, le plus gros site des services clients, selon l’Unsa.

Ces services (1.500 à 1.600 salariés) sont menacés par un projet d’externalisation à horizon fin 2017 chez le groupe marocain Intelcia (centres d’appel), dont le rachat par Altice, la maison mère de SFR, annoncé début septembre, est en cours de finalisation.

Une annonce qui fait suite à celle, cet été, de la suppression programmée d’ici à mi-2019 de 4.000 à 5.000 postes, soit un tiers des effectifs, via des départs volontaires.

« On ne veut pas qu’il y ait des transferts ou externalisations qui conduisent à du moins-disant social », a dit à l’AFP Xavier Courtillat (CFDT), qui parle de « trahison » avec cette annonce. En juillet, lors des négociations sur l’accord-cadre New Deal, il n’avait « pas été question » d’externalisation ou alors « à la marge », souligne-t-il.

Dans cet accord, le groupe racheté en 2014 par Numericable s’engage à garder au moins 10.000 salariés et prévoit les mêmes conditions financières qu’en 2013 pour les candidats au départ volontaire.

Cet accord doit être « respecté et la base de cet accord, c’est le volontariat », a ajouté Fabrice Pradas (Unsa).

Le personnel des services clients doit « avoir le choix et bénéficier » soit des mesures qui seront prévues dans l’accord sur la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), dont les négociations s’ouvrent mercredi, soit des conditions financières pour les départs volontaires, a-t-il poursuivi. Et pour ceux qui iraient à Intelcia, « il faudra que SFR donne des garanties sociales ».

Pour les salariés, avec le déménagement annoncé « en plein été », ce projet d’externalisation, « c’est la double douche froide, les gens sont à bout », a témoigné Nadia Mleczko, élue CFDT à Gentilly.

Les centres services clients de Gentilly et Massy (Essonne) doivent être regroupés au printemps à Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne) et celui d’Aix-en-Provence rejoindre Marseille.

Contre les suppressions de postes et ce projet d’externalisation, la CGT appelle de son côté à la grève jeudi.

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