SFR: rassemblement contre deux licenciements « arbitraires »

PARIS, 28 juin 2018 (AFP) – Environ 200 à 300 personnes, selon une source syndicale, se sont rassemblées jeudi devant le siège de SFR à Saint-Denis, près de Paris, pour protester contre les licenciements « arbitraires » de deux salariés, attribués à un actionnaire de l’opérateur télécoms.

Dans un tract intitulé « Pour en finir avec les pratiques mafieuses et claniques de nos actionnaires-dirigeants », les syndicats CFDT et Unsa, à l’initiative de ce rassemblement, demandent la réintégration de ces deux salariés.

Ces derniers, qui travaillaient l’un à la boutique SFR de Montesson (Yvelines), l’autre comme responsable point de vente à Paris, ont témoigné lors du rassemblement, en présence du député PCF de Seine-saint-Denis, Stéphane Peu.

Le comité central d’entreprise de l’opérateur télécoms, filiale d’Altice Europe, a aussi adopté mercredi une résolution, consultée par l’AFP, dénonçant « le licenciement violent de deux salariés (…) à la demande expresse d’Armando Pereira », actionnaire et directeur général opérationnel de SFR, « et de sa soeur, elle-même salariée de SFR ».

La semaine dernière, l’intersyndicale CFTC, CFE-CGC, CGT, Unsa et CFDT de SFR Distribution avait alerté sur ces licenciements récents. Le premier salarié a été « viré pour avoir refusé de faire des photocopies pour les amis de la soeur de notre actionnaire », le second pour « avoir travaillé avec une cooptée de notre actionnaire », avait-elle écrit.

« On reproche au vendeur (de la boutique de Montesson) des propos injurieux que, curieusement, plusieurs témoignages (…) viennent démentir et qu’ils attribuent plutôt à la +cliente+ », soulignent jeudi les syndicats Unsa et CFDT.

Le vendeur avait été sommé par « la soeur de l’actionnaire » de lui « photocopier son avis d’imposition », ce qu’il a fait, avant de refuser de faire de même pour ses amis, avait expliqué l’intersyndicale. Il a été licencié peu après pour « manque de respect à une collaboratrice ».

Quant au responsable point de vente à Paris, on lui a notamment reproché son « dress-code » mais, « en réalité », son licenciement a été « orchestré par une proche de la famille » Pereira.

Interrogée par l’AFP, la direction de SFR avait confirmé les licenciements mais souligné que les « deux collaborateurs ont été licenciés pour faute ». Elle avait évoqué notamment des « comportements non compatibles avec les valeurs de l’entreprise ».

Une position réaffirmée jeudi.

La CFDT, qui fustige des licenciements « honteux », a lancé une pétition sur change.org, intitulée « Salariés de SFR, même pas peur! Fin des licenciements arbitraires à SFR et réintégration ».

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