Si le chômage partiel est « moins remboursé », il y aura des licenciements, selon la CPME

PARIS, 20 mai 2020 (AFP) – Un déremboursement du chômage partiel se traduira par des licenciements, a averti mercredi François Asselin, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), qui demande à l’Etat d’attendre septembre avant toute réduction « sensible » de sa prise en charge.

« On le sait tous, on en est tout à fait conscients, on ne peut pas demander au pays de porter ad vitam eternam une grande partie des salariés du secteur marchand », a reconnu M. Asselin lors d’une audition à l’Assemblée nationale.

Selon une estimation du ministère du Travail, le cumul des demandes d’autorisation de chômage partiel depuis le 1er mars a atteint 12,7 millions depuis le 1er mars, tandis que 8,6 millions de salariés auraient bénéficié du dispositif qui a permis d’éviter une explosion du chômage en France dont l’économie a été frappée de plein fouet par le coronavirus.

En cas de réduction de la prise en charge du chômage partiel, « il faudra s’attendre, c’est inévitable, à ce que les entreprises commencent à licencier économiquement », a mis en garde le président de la CPME.

Le gouvernement a récemment annoncé que le dispositif allait être progressivement réduit à partir de juin, une décision à laquelle s’oppose également le Medef.

Pour M. Asselin, « il faut maintenir les dispositifs de soutien aux entreprises (et) même si c’est dégressif, il faut que cette dégressivité soit la plus lente possible ». M. Asselin a demandé aussi d’attendre « au moins jusqu’à la rentrée » pour baisser « de façon sensible » la prise en charge du chômage partiel.

« On a du mal dans beaucoup de secteurs à retrouver notre niveau d’activité », a-t-il expliqué.

Dans une telle configuration, « on ne pourra pas assurer toutes les charges fixes de l’entreprise », a-t-il ajouté, estimant que les « fonctions support » risquaient d’être les premières affectées.

Les entreprises dont les carnets de commandes sont remplis rencontrent également des difficultés: les règles de sécurité sanitaire « sont tellement strictes que, malheureusement, on n’arrive pas à retrouver un niveau de productivité qui nous permet d’équilibrer les recettes et les dépenses », a encore souligné le responsable patronal.

Ces sociétés vont « très certainement » être contraintes d’avoir recours elles aussi au dispositif de chômage partiel. Or, « si on est moins remboursé, ce sera du licenciement économique », a estimé le président de la CPME.

vac/boc/jug/nth