Sirugue: le coût d’une refonte globale des minima sociaux « lourd, mais pas irréaliste »

 PARIS, 28 avril 2016 (AFP) – Le député PS Christophe Sirugue a estimé jeudi que le coût d’une refonte globale des minima sociaux et de leur ouverture aux jeunes à partir de 18 ans, qu’il a proposée dans un récent rapport, était « lourd mais pas irréaliste ».

Dans un rapport remis mi-avril à Manuel Valls, M. Sirugue a proposé de remplacer les dix minima sociaux, parmi lesquels le RSA, par une allocation unique de base d’environ 400 euros par mois.

A cette « couverture socle commune » s’ajouterait, soit un « complément d’insertion » de 100 euros pour les 18-65 ans pouvant espérer retrouver une activité, soit un « complément de soutien » de 407,65 euros pour les personnes âgées ou atteintes de handicaps lourds. L’ouverture aux 18-25 ans ne concernerait pas les étudiants.

Ce scénario n’est « pas compatible avec le calendrier du quinquennat » puisqu' »il faut au moins deux ans de travail pour le mettre de manière efficiente en place », a souligné M. Sirugue devant l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis).

Le coût de l’ouverture aux 18-25 ans a été chiffré par la direction du Trésor à « un maximum de 6,6 milliards d’euros », sans prendre en compte les économies qui seraient effectuées sur les prestations familiales.

Ces économies seraient effectuées « sur les allocations familiales des 18-21 ans », a précisé M. Sirugue devant l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis), ce qui ramènerait le coût à « plutôt 3-4 milliards ».

« Quand sur plusieurs années, on trouve 40 milliards pour les entreprises, on doit pouvoir trouver 3 milliards – c’est à peu près cette enveloppe-là – sur deux ans. Je pense que c’est jouable, c’est un choix politique » qui pourrait être défendu pendant la prochaine campagne présidentielle, a-t-il estimé. « 3 milliards c’est lourd, mais ce n’est pas irréaliste ».

Dans une tribune publiée le 19 avril sur Facebook, Manuel Valls a estimé qu' »il faudra engager » cette refonte globale, « en élargissant l’accès aux minima sociaux aux jeunes en difficulté ».

Le rapport remis par M. Sirugue « en a esquissé les contours, et le gouvernement en définira le contenu précis durant les six prochains mois, pour une mise en oeuvre en 2018 », a ajouté le Premier ministre.

paj/jg/pb