Smart: la direction envisage des avenants individuels pour le retour aux 39H

 METZ, 3 décembre 2015 (AFP) – La direction de Smart France envisage des avenants individuels aux contrats de ses employés de l’usine d’Hambach (Moselle), après l’opposition de syndicats à un retour aux 39H payées 37H, a-t-elle indiqué jeudi.

Depuis plusieurs mois, la direction essaie de faire passer un accord, le « Pacte 2020 », qui prévoit notamment un retour aux 39H travaillées payées 37H et une diminution des jours de RTT pour les cadres. En échange, elle s’était engagée à ne procéder à aucun licenciement économique d’ici à 2020.

Deux syndicats sur quatre, la CGT et la CFDT, représentant 53% des salariés, ont fait valoir leur droit d’opposition lundi, rendant le pacte caduc. CFE-CGC et CFTC se sont prononcés pour.

Quarante-huit heures plus tard, la direction a réagi en informant les salariés réunis qu’elle « envisage de soumettre à chaque salarié de l’entreprise la signature d’un avenant individuel à son contrat de travail matérialisant son adhésion au Pacte 2020 et à ses mesures », selon un communiqué.

Lors d’un forum organisé mercredi, la PDG de Smart, Annette Winkler, a indiqué avoir « arraché un Plan B à la direction », selon le délégué syndical central de la CFE-CGC à Hambach, Mario Mutzette.

Selon ce « Plan B », la direction va envoyer des avenants individuels à tous les salariés, qui ont jusqu’au 18 décembre pour décider ou non de les renvoyer à la direction, a précisé M. Mutzette, qui évoque une « dernière chance » pour l’usine.

« C’est le plan de la dernière chance (…) la réalité est là: la délocalisation de la production vers l’usine de Novo Mesto », en Slovénie, qui produit la version quatre places de la Smart, tandis qu’Hambach produit celle à deux places, selon le délégué syndical.

Il s’agit de « régression sociale », reconnaît M. Mutzette. « Mais aujourd’hui en France, peut-on se permettre de ne pas accepter ça, perdre quelques acquis mais garder son emploi ? On doit faire un sacrifice sur 4 ans pour pérenniser tout le site. Parce que si ça ferme, c’est entre 10.0000 et 15.000 emplois qui sautent en Lorraine (avec les fournisseurs et les sous-traitants, NDLR). C’est un désastre social ».

La CGT, qui « prépare sa réaction », s’exprimera plus tard, a-t-elle indiqué à l’AFP.

La CFDT, qui avait la semaine passée fait état de pressions sur les organisations syndicales pour qu’elles ne s’opposent pas à l’accord et d’une ambiance « délétère » au sein de l’usine, n’était pas joignable dans l’immédiat.

Le Pacte 2020, hautement symbolique, avait fait l’objet en septembre d’un référendum consultatif qui avait divisé le personnel: sur les quelque 800 votants, 56% s’étaient prononcés pour. Un chiffre qui montait à 74% pour les cadres, employés, techniciens et agents de maîtrise, mais tombait à 39% pour les ouvriers.

Smart France produit à Hambach quelque 100.000 véhicules biplaces dans son usine située aux confins de la Lorraine, de l’Alsace et de l’Allemagne.

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