SNCF et RATP: premières réunions pour installer la réforme des retraites

PARIS, 12 décembre 2019 (AFP) – A la SNCF et la RATP, environ 40% des agents au statut seront concernés par le nouveau système de retraite: dès jeudi matin, les directions des deux groupes recevaient les syndicats pour lancer la concertation interne sur la réforme, dans un contexte « électrique ».

« Pas de négociations sectorielles, le retrait » de la réforme !, a tempêté dans un communiqué le syndicat SUD-Rail, qui a claqué la porte d’une première réunion avec la direction, au huitième jour consécutif de la grève illimitée contre la réforme qui perturbe les transports publics.

La CGT-Cheminots a également quitté cette table ronde, en protestant sur Twitter contre son « seul objectif »: « mettre en place la réforme des retraites à la SNCF ».

Conviés jeudi matin par la direction à une réunion initialement programmée pour évoquer leurs revendications communes, internes à l’entreprise, la CGT-Cheminots, l’Unsa ferroviaire et SUD-Rail, qui appellent ensemble à la grève, ont découvert un nouvel ordre du jour: la réforme des retraites et ses conséquences au sein de la SNCF.

Car pour les salariés au statut de cheminot concernés par la réforme, la direction a été priée par le gouvernement d’enclencher une concertation avec les syndicats afin de fixer « les modalités de transition » du régime spécial « vers le système de retraite universel » et « les modalités d’application de l’âge d’équilibre » de 64 ans.

Après le discours du Premier ministre, qui a présenté mercredi le projet de système universel par points, le changement d’ordre du jour a déclenché « une levée de boucliers » des syndicats, dans une ambiance « très vite électrique », a dit à l’AFP Florent Monteilhet de l’Unsa ferroviaire.

La CFDT-Cheminots, qui a déposé seule un préavis de grève illimité, a été reçue séparément par la direction. Favorable au système universel, le syndicat est contre l’âge d’équilibre et exige le maintien du régime spécial pour tous les cheminots au statut.

En allant à cette réunion, « l’objectif était de partager des éléments d’analyse avec la direction sur les annonces » d’Édouard Philippe, « pas du tout de négocier », a déclaré Thomas Cavel, l’un des responsables de la CFDT-Cheminots. Désormais, « notre calendrier, c’est le 17 décembre » (mardi), date de la prochaine journée nationale d’action contre la réforme, pour laquelle « on est complètement mobilisés », a-t-il ajouté.

– « Le conflit continue ! » –

A la RATP, c’est la PDG en personne, Catherine Guillouard, qui a voulu recevoir jeudi matin les syndicats, lors de rendez-vous séparés, a-t-on appris auprès de ces derniers.

« La CGT-RATP a décliné l’invitation. Nous demandons l’abandon du projet de réforme et pas son aménagement à la RATP », a expliqué Bertrand Hammache, dont le syndicat appelle à « poursuivre et élargir » la grève.

Le rendez-vous avec Mme Guillouard a été honoré en revanche par l’Unsa et la CFE-CGC de la régie.

La direction voulait « nous informer plus dans le détail des conséquences du projet de réforme pour les agents RATP. Nous n’avons eu aucune surprise », a relevé Thierry Babec de l’Unsa-RATP, en assurant que le discours du Premier ministre avait « remobilisé les troupes des grévistes ».

« Nous avons rappelé notre position sur ce projet de réforme. Notre préavis est maintenu, le conflit continue ! », a ajouté M. Babec, dont l’organisation réclame le maintien du régime spécial de retraite pour tous les agents de la régie au statut (soit 41.000 personnes actuellement).

A la RATP, 2037 sera l’année charnière de mise en oeuvre de la réforme dans l’entreprise. Pour « toutes les personnes qui auront une ouverture de leurs droits à la retraite postérieure à 2037 », il y aura « une transition progressive » entre les deux systèmes de retraite, a indiqué la direction.

Cette « transition va être très compliquée », a souligné Frédéric Ruiz de la CFE-CGC-RATP, qui « hélas, ne peut pas lever son préavis de grève ». Lors de cette réunion, « on a plutôt évalué les problèmes, remonté nos désaccords de fond sur la réforme » et « mardi, on manifeste! Le discours du Premier ministre, c’était de la provocation ».

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