SNCF: les négociations à propos du forfait jours prolongées

PARIS, 1 décembre 2016 (AFP) – Les négociations concernant la mise en place d’un forfait jours à la SNCF, qui devaient initialement se conclure jeudi, se poursuivront mardi, faute de précisions suffisantes concernant les outils pour évaluer la charge de travail, selon l’Unsa.

« Nous sommes dans une situation de blocage », a résumé à l’issue de la séance Benoît Vienne de l’Unsa, premier syndicat dans l’encadrement, interrogé par l’AFP. Il a regretté un manque d’informations de la part de la direction sur le dispositif qu’elle compte mettre en place. « Aujourd’hui, on nous demande de signer un blanc-seing », a-t-il dit, réclamant des propositions concrètes pour la prochaine réunion.

Selon les calculs de l’Unsa, la rémunération augmenterait d’environ 1,5%, avec une prime forfait jours allant de 24 à 54 euros nets par mois selon les qualifications. Mais plus que la rémunération, « ce qui compte, c’est de recadrer la charge de travail », a insisté M. Vienne.

La séance de jeudi n’était que la deuxième véritable réunion de négociation depuis la présentation du projet de la direction mi-novembre.

L’Unsa et la CFDT ne sont pas opposées par principe au forfait jours, qui prévoit un décompte de la durée du travail en jours et non plus en heures, supprimant ainsi les heures supplémentaires.

Le projet concerne une minorité de salariés, 23.000 (14.000 cadres de terrain et 9.000 agents de maîtrise), éligibles à un forfait de 205 jours.

SUD-Rail est opposée à ce système et la CGT très critique. « A cet instant du débat, le dispositif de forfait jours sera néfaste aux cheminots de l’encadrement », a dit à l’AFP Jocelyn Portalier (CGT). Le syndicat exige un système qui permette de décompter les heures de travail tout en préservant une certaine forme d’autonomie dans leur organisation.

La SNCF souhaite que le texte puisse être mis en oeuvre d’ici le 13 décembre pour remplacer l’ancienne réglementation, devenue obsolète avec la réforme ferroviaire.

A défaut d’accord, la direction pourrait s’appuyer sur un accord signé au niveau de la branche avant l’été. Dans tous les cas, le passage au forfait jours nécessitera le consentement de chacun des salariés concernés.

ktr/shu/cel/LyS