SNCF: les syndicats « sur leur faim » pour les conditions du déconfinemen

PARIS, 28 avril 2020 (AFP) – Les syndicats de la SNCF restaient « sur leur faim » mardi quant aux dispositions sanitaires à mettre en oeuvre à partir du 11 mai dans les transports ferroviaires, après le discours d’Édouard Philippe à l’Assemblée sur les modalités du déconfinement.

« Le Premier ministre a annoncé des décisions, ce qui écarte un certain nombre d’hypothèses. Mais les moyens pour parvenir à appliquer ces décisions sont toujours inconnus », a souligné auprès de l’AFP Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-Cheminots.

« L’application de la distanciation sociale dans les trains va nécessiter beaucoup d’effectifs pour filtrer et organiser les flux. Aurons-nous ces effectifs et pourrons-nous éviter les attroupements notamment dans les grandes gares? », s’est-il interrogé.

Le port du masque sera obligatoire, mais qui va payer, distribuer, « contrôler ces masques? », se demande aussi le responsable CGT. Et « la qualité du masque n’est pas spécifiée », a regretté M. Brun, dont l’organisation « souhaite des FFP2 », les masques les plus protecteurs.

Après le discours du Premier ministre, « je reste un peu sur ma faim, c’est plutôt flou », a commenté Didier Mathis, secrétaire général de l’Unsa ferroviaire. Interdire l’utilisation d' »un siège sur deux dans les RER et TER », dont « les sièges ne sont pas numérotés », demandera « un effort logistique important », même si la réservation devient obligatoire, a-t-il noté, en rappelant que des trains régionaux circulent « sans contrôleur à bord ».

« Aujourd’hui, le cadrage est très loin d’être clair. Ce n’est pas assez précis, mis à part le port obligatoire du masque qui est une bonne chose. Pour le reste, on ne sait pas comment on va faire », a relevé Erik Meyer, secrétaire fédéral de SUD-Rail. Comment, par exemple, « contrôler ou empêcher l’accès aux trains, verbaliser les voyageurs sans masque? C’est du domaine de la police, les contrôleurs n’ont pas ce pouvoir », a-t-il ajouté.

Il y a « encore beaucoup de questions. C’est un discours très attendu avec peu de précisions et beaucoup de renvois aux autorités locales », a jugé Rémi Aufrère-Privel, secrétaire général adjoint de la CFDT-Cheminots. Concernant la limitation de l’occupation des trains pour faire respecter la distanciation sociale, « il faudra que l’Etat prenne ses responsabilités budgétaires et compense » les pertes financières de la SNCF, a-t-il estimé.

Pour étudier les dispositions liées au déconfinement, « plusieurs tables rondes auront lieu entre les organisations syndicales et la direction de la SNCF jeudi », a précisé M. Brun.

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