SNCF: manifestation pour soutenir des cheminots menacés de radiation

PARIS, 27 juillet 2018 (AFP) – Une centaine de cheminots ont manifesté vendredi à Paris à l’appel de la CGT et de SUD pour soutenir deux de leurs collègues menacés de radiation (licenciement), a constaté une journaliste de l’AFP.

La CGT Cheminots appelait seule à une grève nationale vendredi. Ce mouvement n’affectait quasiment pas le trafic, très fortement perturbé en revanche en gare Montparnasse à Paris en raison d’un incendie survenu en fin de matinée sur un transformateur électrique.

Les manifestants étaient rassemblés près de la gare du Nord, là où leurs collègues étaient entendus par le comité d’établissement (CE) de la branche Maintenance et Travaux, dont l’avis est consultatif.

L’un de ces cheminots, militant CGT à Nîmes et mandaté au CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail), risque le licenciement parce qu’il avait tenu une torche allumée « sur le quai de la gare de Nîmes, le 14 mai », jour de grève, selon son syndicat.

« C’était un rassemblement en gare, sans envahissement des voies. Allumer une torche, c’est une chose qui se fait couramment pendant des manifestations. Tout le monde est en colère face à cette injustice », a expliqué à l’AFP Laurent Daniel, responsable de la CGT Cheminots à Nîmes. « La direction a voulu faire un exemple », a-t-il dénoncé.

L’autre cheminot entendu, élu du personnel SUD-Rail, se voit reprocher d’avoir « entravé la circulation des trains », en marge de la manifestation du 1er-Mai à Rennes, d’après son syndicat.

« Il avait signalé la présence d’un policier à côté des voies, sur les emprises de la SNCF, une zone dangereuse », a expliqué Bruno Poncet, secrétaire fédéral de SUD-Rail. Une « procédure normale » qui a servi de « prétexte à la direction ». Une action judiciaire lancée par la police n’a pas abouti: « Il n’y a pas de faute lourde puisque le procureur a décidé de ne pas poursuivre », a-t-il souligné.

Les élus du CE « ont voté contre » la radiation du militant rennais, a indiqué M. Poncet. Mais ils « n’ont pas pu se prononcer » sur le cas du gréviste nîmois « car la direction n’a présenté aucune pièce du dossier », a précisé M. Daniel. Les deux affaires seront transmises à l’inspection du travail.

La CGT a également rassemblé une centaine de cheminots vendredi devant le siège de la SNCF, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), où se réunissait le conseil de surveillance du groupe. « La CGT exige l’abrogation de la loi » de réforme ferroviaire, qui « est néfaste », a notamment dit aux manifestants Thierry Nier, secrétaire général adjoint de la CGT Cheminots.

De son côté, la SNCF a publié ses résultats du premier semestre: une lourde perte nette de 762 millions d’euros, creusée par la grève contre la réforme ferroviaire au printemps, et un chiffre d’affaires en baisse de 3,3%, à 16,1 milliards d’euros. L’impact négatif de la grève (790 millions) a été « en partie compensé par les gains de productivité » évalués par le groupe à 330 millions.

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