SNCF: un militant SUD-Rail menacé de licenciement contre l’avis de l’inspection du travail

PARIS, 26 mai 2020 (AFP) – Un militant SUD-Rail est menacé de radiation de la SNCF par la direction générale du travail (DGT), alors que l’inspection du travail s’était opposée au licenciement de ce cheminot et que « l’ensemble des délais légaux prévus sont écoulés », a dénoncé le syndicat mardi.

« Dans un mail en date du 12 mai, le ministère du Travail envisage de me licencier contre l’avis de ses services », a indiqué à l’AFP ce salarié, Eric Bezou, « cheminot depuis 28 ans » et « militant syndical depuis plus de 20 ans ».

Le ministère et la direction de la SNCF « doivent maintenant abandonner cette procédure injuste et immorale », réclame SUD-Rail dans un communiqué.

A l’époque des faits ayant conduit à une procédure disciplinaire à la SNCF, M. Bezou était « délégué syndical d’établissement et membre de la commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) », a-t-il précisé.

Dans son mail du 12 mai, que l’AFP a pu consulter, la DGT écrit qu’elle « n’exclut pas (…) d’annuler la décision de l’inspecteur du travail et d’autoriser (le) licenciement » de M. Bezou.

La SNCF avait formé en novembre 2019 « un recours hiérarchique contre la décision » en septembre 2019 « par laquelle l’inspecteur du travail a rejeté la demande de licenciement (…) pour motif disciplinaire », rappelle la DGT dans ce mail.

« A défaut de décision expresse au 5 mars 2020, est née à cette date une décision implicite de rejet de ce recours », mais « je n’exclus pas de procéder au retrait de cette décision implicite », prévient l’auteur du mail.

Selon ce dernier, les faits reprochés au syndicaliste (« des propos et des gestes inconvenants » à l’égard de supérieurs hiérarchiques) « revêtent un caractère fautif » et sont « d’une gravité suffisante pour justifier une mesure de licenciement, eu égard notamment (aux) antécédents disciplinaires » du cheminot.

En mars 2019, excédé après un nouveau refus de promotion prononcé contre lui, M. Bezou s’était « agenouillé devant (sa) cheffe » et lui avait « demandé si c’était ça la posture d’agent de maîtrise » que sa hiérarchie lui reprochait de ne pas adopter, avait raconté le syndicaliste l’an dernier à l’AFP. Un peu plus tard, il s’était aussi « mis à genoux » devant un autre supérieur hiérarchique.

« J’ai été désagréable, provocateur, impertinent, mais jamais insultant ni menaçant », avait-il assuré.

Dans une vidéo diffusée actuellement sur les réseaux sociaux, M. Bezou est soutenu par des militants syndicaux (SUD, CGT, Unsa) ou personnalités politiques, comme les députés LFI Alexis Corbière et Eric Coquerel.

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