Somme: plan social validé pour la dernière usine française Benco/Banania

LILLE, 12 mars 2019 (AFP) – Le plan social de l’usine Nutrimaine de Faverolles (Somme), dernière productrice des poudres chocolatées Banania et Benco en France, a été validé le 5 mars, a annoncé mardi la préfecture de la Somme, ouvrant la voie à la fermeture de ce site de 40 salariés.

Un premier PSE présenté par l’entreprise avait été rejeté par la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte) le 28 février.

Au terme de cette nouvelle version, « l’entreprise s’engage dans une démarche de collaboration active (…) pour contribuer à la réindustrialisation et à la relance de l’emploi sur ce secteur fragilisé », indiqué la préfecture dans un communiqué.

Ce plan prévoit « des mesures fortes d’accompagnement (…), avec une attention particulière envers les populations plus fragiles, notamment les seniors », assure aussi de son côté dans un communiqué distinct la direction de Nutrimaine, groupe contrôlé par l’allemand Krüger. Une porte-parole a indiqué que la fermeture du site est prévue vers « la fin du mois de mai ».

« Le plan de revitalisation permettra peut-être de reclasser certains salariés dans des entreprises des environs. Mais il répond à une seule logique de rentabilité industrielle et financière. Krüger a réalisé 40 millions de résultat net en 2018. L’humain, on s’en fiche… », a déploré auprès de l’AFP Franck Bizet, délégué CGT et membre du comité social et économique (CSE).

« La sous-traitance de la production a déjà commencé à l’usine allemande de Krüger à Bergisch Gladbach », relève-t-il encore. « C’est la fin d’une histoire, le deuil sera difficile à faire », a ajouté ce responsable syndical, qui compte « 32 ans de métier à Faverolles », village de moins de 200 habitants à mi-chemin entre Amiens et Compiègne.

La direction met en avant « une baisse structurelle et massive de la consommation du chocolat en poudre en France » pour justifier la fermeture de l’usine, dont il soulignait fin février la « vétusté », « construite en 1972 pour produire 20.000 tonnes de poudre chocolatée par an et qui en produit aujourd’hui 7.700 tonnes ».

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