Soupçons de corruption chez Veolia: le CCE va se constituer partie civile

PARIS, 19 janvier 2017 (AFP) – Le comité central d’entreprise (CCE) de la branche Eau de Veolia a décidé de se constituer partie civile dans le cadre de la plainte contre X déposée par la direction pour des faits de corruption active et passive, a-t-on appris jeudi de sources syndicales.

La plainte du groupe, déposée début décembre devant le parquet national financier, fait suite à la découverte que deux hauts cadres étaient devenus actionnaires d’une société ayant obtenu un important contrat du spécialiste français de gestion de l’eau et retraitement des déchets.

Réuni jeudi, le CCE (CGT, CFDT, CFE-CGC, FO) a voté pour se constituer partie civile, la CFDT et la CFE-CGC s’étant abstenues, selon des sources syndicales.

La CFDT a précisé à l’AFP qu’elle s’était abstenue car elle avait de son côté déposé une plainte pour abus de biens sociaux le 17 janvier.

Dans ce dossier, deux autres plaintes ont été déposées, notamment pour abus de biens sociaux et corruption, le 19 décembre. Elles émanent d’une part du syndicat FO Veolia Eau Ile-de-France, d’autre part de l’association de lutte contre la corruption Anticor et de la fondation France Libertés, créée par Danielle Mitterrand.

L’Union générale des syndicats FO Veolia Eau France va aussi s’associer à la plainte de son syndicat francilien, a indiqué FO à l’AFP.

En novembre, le site internet Mediapart avait révélé que deux hauts cadres de la branche Eau du groupe étaient devenus en 2015 actionnaires d’une petite société luxembourgeoise, Olky Payment Service Provider, qui avait signé l’année précédente un contrat de plusieurs millions d’euros avec Veolia pour la gestion d’une partie de sa facturation.

Les deux responsables en question, Philippe Malterre, numéro deux de la branche Eau France, et Jean-Philippe Franchi, cadre de cette même branche et demi-frère de son directeur général, font l’objet d’une procédure de licenciement, avait indiqué Veolia fin novembre. Quant au directeur général Alain Franchi, il a quitté le groupe à la fin de l’année.

Veolia avait aussi annoncé le lancement d’un « audit interne portant sur l’opération incriminée, et plus largement sur toutes les sociétés d’expertise de Veolia Eau France ».

Les conclusions de cet audit, qui devaient initialement être présentées à l’occasion du CCE, seront finalement dévoilées début février, a précisé FO.

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