Sous-traitance auto: la fonderie FPF (Vienne) demande le redressement judiciaire

BORDEAUX, 1 février 2019 (AFP) – Le sous-traitant automobile Fonderie du Poitou Fonte (FPF), qui fabrique des blocs moteurs dans la Vienne, a annoncé vendredi qu’il allait solliciter son placement en redressement judiciaire.

L’entreprise, qui emploie quelque 400 personnes à Ingrandes-sur-Vienne, dans le nord du département, explique dans un communiqué être confrontée depuis six mois « à une baisse drastique de ses commandes et donc de sa production ».

Cette baisse est imputée d’une part à la fin annoncée du diesel, qui a fait chuter de « plus de 40% » ses commandes de blocs moteurs au second semestre 2018, alors que 70% de sa production est destinée au diesel.

D’autre part, « son principal client constructeur a été contraint de cesser ses opérations en Iran en 2018 par suite des sanctions stratégiques mises en oeuvre par les Etats-Unis ».

Depuis longtemps en difficulté, la FPF, qui a réalisé en 2017 un chiffre d’affaires de 91 millions d’euros, a été rachetée en 2014 par une société dirigée par Jérôme Rubinstein.

En 2017, l’entreprise jusque-là en perte, avait bouclé un exercice à l’équilibre mais la conjoncture se retournant, elle avait lancé un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) en octobre 2018.

FPF, qui a déposé sa demande devant le tribunal de commerce de Poitiers, « déplore » que l’Etat « après avoir bouleversé soudainement » la filière diesel, « ait mis en oeuvre des mesures qui ne sont pas à la hauteur des enjeux avec seulement 18 millions d’aide ».

Pour redresser la situation, la FPF souhaiterait s’allier à l’usine Saint-Jean-Industries (ex-Fonderies Alu), dont le site est mitoyen, et qui est elle-même en redressement judiciaire depuis novembre 2018.

C’est « la meilleure solution industrielle » permettant de créer « un maximum de synergies », souligne dans le communiqué Jérôme Rubinstein, qui ajoute qu’il soutiendra « tout investisseur qui aura un projet de reprise globale des deux sites ».

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