STMicro: la CGT dénonce le versement d’un dividende

PARIS, 30 mars 2020 (AFP) – Le syndicat CGT a protesté lundi contre la décision du fabricant de semi-conducteurs STMicroelectronics, dont l’Etat français est un important actionnaire, de verser près de 220 millions de dollars en dividendes cette année, en dépit de la crise sanitaire.

L’assemblée générale des actionnaires du groupe franco-italien, convoquée pour le 28 mai, se voit proposer d’adopter le principe du versement d’un dividende de 0,24 dollar par titre, inchangé par rapport à l’exercice précédent, selon un communiqué publié la semaine dernière.

Le capital de l’entreprise étant formé de 911,18 millions d’actions, la dépense atteindrait ainsi 218,7 millions de dollars (195 millions d’euros).

La ministre du Travail Muriel Pénicaud avait indiqué le 27 mars, soit deux jours après la publication de la convocation des actionnaires de STMicro, que « dans les entreprises où l’Etat est actionnaire, on va demander de ne pas verser de dividendes ».

Société de droit néerlandais basée en Suisse, STMicro a pour principal actionnaire (27,5% du capital) une holding détenue à parité par les Etats français et italien.

Le conseil de surveillance de l’entreprise est présidé par Nicolas Dufourcq, directeur général de la banque publique d’investissement Bpifrance, bras armé de l’Etat en matière économique.

« On croit rêver », s’exclame la CGT, en demandant à savoir comment avaient voté les représentants de la France au conseil de surveillance lorsque la proposition de dividende leur a été soumise.

« Dans la crise actuelle, n’y a-t-il pas mieux à faire que de verser des dividendes d’un côté, tout en incitant de l’autre par des +primettes+ les salariés à être présents sur les sites ? », ajoute le syndicat.

STMicroelectronics a dégagé l’an dernier un bénéfice de 1,03 milliard de dollars, en retrait de 19,8%, dans un marché jugé difficile.

Sollicité, le groupe n’était pas joignable en milieu de matinée.

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